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XII

OÙ LE GRAND ÉRARD APPARAÎT (IRRÉVOCABLEMENT)
POUR LA DERNIÈRE FOIS


On dit volontiers que les Anglais sont un peuple sans musique : mais, pour ne point parler de la faveur exceptionnelle accordée par ce peuple aux virtuoses de l’orgue de Barbarie, il y a tout au moins un instrument que nous pouvons considérer comme national dans toute l’acception de ce mot : c’est, à savoir, le flageolet, communément appelé le sifflet d’un sou. Le jeune pâtre des bruyères, — déjà musical au temps de nos plus anciens poètes, — réveille (et peut-être désole) l’alouette avec son flageolet ; et je voudrais qu’on me citât un seul briquetier ne sachant pas exécuter, sur le sifflet d’un sou, les Grenadiers anglais ou Cerise mûre. Ce dernier air est, en vérité le morceau classique du joueur de flageolet, de telle sorte que je me suis souvent demandé s’il