Page:Stevenson - Le Mort vivant.djvu/279

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nies, pour en sortir, une heure plus tard, sous la forme d’un hachis de viande dans un panier de boucher ! C’était là, d’ailleurs, l’inconvénient fatal d’une liaison avec un complice trop entreprenant : Maurice s’en rendait compte, non sans un petit frisson. « Jamais je n’aurais rêvé que je dusse en venir un jour à désirer une société comme celle-là ! » se disait-il.

Enfin une brillante idée lui surgit à l’esprit. La Gare de Waterloo, un lieu public, et cependant suffisamment désert à de certaines heures ! Et ce n’était pas tout ! Mais aussi un lieu dont le nom seul devait faire battre plus fort le cœur de Pitman ; un lieu dont le choix, pour le rendez-vous, allait suggérer au ruffian qu’on connaissait au moins un de ses coupables secrets !

Maurice prit donc une feuille de papier, et se mit à rédiger l’esquisse d’une annonce :


AVIS. — WILLIAM BENT PITMAN, si ses yeux tombent par hasard sur le présent avis, est informé qu’il pourra apprendre quelque chose d’avantageux pour lui, dimanche prochain, de deux heures à quatre heures de l’après-midi, sur le quai de départ des lignes de banlieue, à la Gare de Waterloo.

Maurice relut avec la plus vive satisfaction le petit morceau de littérature qu’il venait d’improviser. « Pas mal, vraiment ! se dit-il. Quelque