Page:Stevenson - Le Mort vivant.djvu/5

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Cette page a été validée par deux contributeurs.



I

LA FAMILLE FINSBURY


Combien le lecteur, — tandis que, commodément assis au coin de son feu, il s’amuse à feuilleter les pages d’un roman, — combien il se rend peu compte des fatigues et des angoisses de l’auteur ! Combien il néglige de se représenter les longues nuits de luttes contre des phrases rétives, les séances de recherches dans les bibliothèques, les correspondances avec d’érudits et illisibles professeurs allemands, en un mot tout l’énorme échafaudage que l’auteur a édifié et puis démoli, simplement pour lui procurer, à lui, lecteur, quelques instants de distraction au coin de son feu, ou encore pour lui tempérer l’ennui d’une heure en wagon !