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CHAPITRE II


OÙ LE PRINCE JOUE LE RÔLE D’HAROUN-AL-RASCHID


Il était nuit close, et le prince se frayait encore chemin à travers la jeune verdure des vallées basses, et quoique les étoiles, allumées déjà, laissassent entrevoir les rangs interminables de sapins en pyramides, noirs et réguliers comme des cyprès, leur lumière ne pouvait rendre grand service dans de telles solitudes ; et depuis quelque temps il s’avançait au hasard.

La face austère de la nature, l’incertitude de son entreprise, le ciel ouvert, le grand air, le grisaient de joie ; le rauque murmure d’une rivière à sa gauche lui ravissait l’oreille.

Huit heures étaient déjà passées quand il entrevit le terme de ses difficultés et put déboucher enfin du taillis sur la grande route blanche et ferme. Elle s’étendait devant lui, descendant la côte en vaste courbe vers l’est, et se laissant voir au loin comme une faible lueur entre les fourrés et les bouquets d’arbres. Othon arrêta son cheval et regarda. La grande route !… s’allongeant toujours, lieues sur lieues, et toujours en rejoignant de nou

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