Page:Sue - Le Juif errant - Tomes 9-10.djvu/233

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Tout à coup ses yeux se fermèrent,… ses mains se joignirent,… et elle resta agenouillée au milieu des ruines… immobile comme une statue des tombeaux…

Et elle eut alors une vision étrange !…




XVIII


Le calvaire.


Telle est la vision d’Hérodiade :

Au sommet d’une haute montagne, nue, rocailleuse, escarpée, s’élève un calvaire.

Le soleil décline ainsi qu’il déclinait lorsque la Juive s’est traînée, épuisée de fatigue, au milieu des ruines de Saint-Jean le décapité.

Le grand Christ en croix qui domine le calvaire, la montagne et la plaine, aride, solitaire, infinie ; le grand Christ en croix se détache blanc et pâle sur les nuages d’un noir bleu qui couvrent partout le ciel, et deviennent d’un violet sombre en se dégradant à l’horizon…

À l’horizon… où le soleil couchant a laissé