Page:Sue - Le Juif errant - Tomes 9-10.djvu/90

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VII


Un prêtre selon le Christ.


À cet instant Rodin voyait Agricol rentrer dans la chambre de M. Hardy, tenant Gabriel par la main.

La présence de ces deux jeunes gens, l’un d’une figure si mâle, si ouverte, l’autre d’une beauté si angélique, offrait un contraste tellement frappant avec les physionomies hypocrites des gens dont M. Hardy était habituellement entouré, que, déjà ému par la chaleureuse parole de l’artisan, il lui sembla que son cœur, comprimé depuis si longtemps, se dilatait sous une salutaire influence.

Gabriel, quoiqu’il n’eût jamais vu M. Hardy, fut frappé de l’altération de ses traits ; il reconnaissait sur cette figure souffrante, abattue, le fatal cachet de soumission énervante, d’anéantissement moral dont restent toujours stigmatisées les victimes de la compagnie de Jésus, lorsqu’elles ne sont pas délivrées à temps de son influence homicide.