Page:Tolstoï - Anna Karénine, 1910, tome 1.djvu/66

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par rapport à nos relations à toi et à moi, il ne saurait nous brouiller, mais c’est pour toi que je te conseille de n’y pas aller : tu n’y pourras rien. Au reste, fais comme tu l’entends.

— Peut-être n’y a-t-il vraiment rien à faire, mais dans ce moment… je ne saurais être tranquille…

— Je ne te comprends pas, dit Serge, mais ce que je comprends, ajouta-t-il, c’est qu’il y a là pour nous une leçon d’humilité. Depuis que notre frère Nicolas est devenu ce qu’il est, je considère ce qu’on appelle une « bassesse » avec plus d’indulgence. Tu sais ce qu’il a fait ?

— Hélas ! c’est affreux, affreux ! » répondit Levine.

Après avoir demandé l’adresse de Nicolas au domestique de Serge Ivanitch, Levine se mit en route pour aller le trouver, mais il changea d’idée et ajourna sa visite au soir. Avant tout, pour en avoir le cœur net, il voulait décider la question qui l’avait amené à Moscou. Il alla donc trouver Oblonsky et, après avoir appris où étaient les Cherbatzky, se rendit là où il pensait rencontrer Kitty.


IX

Vers quatre heures, Levine quitta son isvostchik à la porte du Jardin zoologique et, le cœur battant, suivit le sentier qui menait aux montagnes de glace, près de l’endroit où l’on patinait ; il savait qu’il la