Page:Tolstoï - Ma religion.djvu/180

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X


Nous disons : « Il est difficile de vivre selon la doctrine de Jésus ! » Et comment ne le serait-ce pas, quand nous nous dissimulons soigneusement notre véritable siuation par toute l’organisation de notre vie, quand nous nous évertuons à nous persuader que notre situation n’est pas du tout telle qu’elle est, mais qu’elle est autre ? Nous appelons cela la foi, nous en faisons quelque chose de sacré et nous tâchons d’attirer les hommes par tous les moyens à cette foi frelatée, — par menaces, la flatterie, le mensonge, l’action sur les sens. Dans cet entêtement à nous confier à ce qui est contraire au bon sens et à la raison, nous arrivons à un tel degré d’aberration, que nous prenons pour un indice de la vérité l’absurdité même de l’objet pour lequel nous sollicitons la confiance des hommes. Ne s’est-il pas trouvé un chrétien qui a dit : « Credo quia absurdum » et d’autres chrétiens qui répètent cela avec enthousiasme, supposant que l’absurde est le meilleur moyen d’enseigner aux hommes la vérité. Il n’y a pas longtemps, — un homme d’esprit et de beaucoup d’érudition me dit, en causant avec moi, que la doctrine chrétienne n’a pas d’importance comme règle morale de la

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