Page:Topffer - Nouvelles genevoises.djvu/7

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LETTRE À L’ÉDITEUR [1],

PAR M. LE COMTE XAVIER DE MAISTRE.




Monsieur,


Je reçois à l’instant les exemplaires de la nouvelle édition de mes œuvres que vous avez la bonté de m’envoyer, ainsi que l’aimable lettre qui les accompagne, et je m’empresse de vous en témoigner toute ma reconnaissance. Parmi les jouissances nombreuses et inattendues que j’éprouve en arrivant à Paris, mon amour-propre ne peut qu’être infiniment flatté, non-seulement de cette élégante publication qui va donner un prix à ces opuscules, mais aussi de les voir annoncés par vos soins dans les journaux comme tenant une place honorable dans la littérature française, faveur à laquelle j’étais bien loin de m’attendre. Étranger à la France, où je viens pour la première fois à la fin de ma carrière, vous comprendrez facilement ma surprise.

Il y a maintenant plus de quarante ans que mon premier essai, le Voyage autour de ma Chambre, fut publié à Lausanne ; les autres parurent vingt ans plus tard. Pen-

  1. Nous pensons faire plaisir aux lecteurs en imprimant cette lettre de M. le comte Xavier de Maistre tout entière, bien que le dernier paragraphe seulement concerne M. Topffer.