Page:Verlaine - Œuvres posthumes, Messein, II.djvu/241

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DÉDICACE MANUSCRITE DE
LA BONNE CHANSON


à Mme M. M. de F.


Faut-il donc que ce petit livre
Où plein d’espoir chante l’Amour,
Te trouve souffrante en ce jour,
Toi, pour qui seule je veux vivre ?

Faut il qu’au moment tant béni
Ce mal affreux t’ait disputée
A ma tendresse épouvantée
Et de ton chevet m’ait banni ?

— Mais puisque enfin sourit encore
Après l’orage terminé
L’avenir, le front couronné
De fleurs qu’un joyeux soleil dore,

Espérons, ma mie, espérons !
Va ! les heureux de cette vie
Bientôt nous porteront envie,
Tellement nous nous aimerons !


5 juillet 1870.