Page:Verne - Les Tribulations d’un Chinois en Chine.djvu/187

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C’était le corps du capitaine, un poignard au flanc. Les larges plis de sa robe le soutenaient encore sur l’eau.

Puis, il s’enfonça et disparut dans les profondeurs de la mer.

Ainsi périt le jovial capitaine Yin, commandant la Sam-Yep !

Dix minutes plus tard, la jonque s’était perdue dans l’ouest, et Kin-Fo, Fry-Craig, Soun, se retrouvaient seuls à la surface de la mer.




CHAPITRE XX

où on verra à quoi s’exposent les gens qui emploient les appareils du capitaine boyton.


Trois heures après, les premières blancheurs de l’aube s’accusaient légèrement à l’horizon. Bientôt, il fit jour, et la mer put être observée dans toute son étendue.

La jonque n’était plus visible. Elle avait promptement distancé les scaphandres, qui ne pouvaient lutter de vitesse avec elle. Ils avaient bien suivi la même route, dans l’ouest, sous l’impulsion de la même brise, mais la Sam-Yep devait se trouver maintenant à plus de trois lieues sous le vent. Donc, rien à craindre de ceux qui la montaient.

Toutefois, ce danger évité ne rendait pas la situation présente beaucoup moins grave.

En effet, la mer était absolument déserte. Pas un bâtiment, pas une barque de pêche en vue. Nulle apparence de terre ni au nord ni à l’est. Rien qui indiquât la proximité d’un littoral quelconque. Ces eaux étaient-elles les eaux du golfe de Pé-Tché-Li ou celles de la mer Jaune ? À cet égard, complète incertitude.

Cependant, quelques souffles couraient encore à la surface des flots. Il ne fallait pas les laisser perdre. La direction suivie par la jonque démontrait que la terre se relèverait — plus ou moins prochainement, — dans l’ouest, et qu’en tout cas, c’était là qu’il convenait de la chercher.

Il fut donc décidé que les scaphandres remettraient à la voile, après s’être