Page:Verne - Les Tribulations d’un Chinois en Chine.djvu/85

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Soun était devant lui, une lettre à la main.

« Très pressée ! » dit simplement Soun.

Kin-Fo eut comme un pressentiment. Il saisit la lettre, qui portait le timbre de San Francisco, il en déchira l’enveloppe, il la lut rapidement, et, s’élançant hors du pavillon de Longue Vie.

« Wang ! Wang ! » cria-t-il.

En un instant, il arrivait à la chambre du philosophe et en ouvrait brusquement la porte.

Wang n’était plus là. Wang n’avait pas couché dans l’habitation, et, lorsque, aux cris de Kin-Fo, ses gens eurent fouillé tout le yamen, il fut évident que Wang avait disparu sans laisser de traces.




CHAPITRE X

dans lequel craig et fry sont officiellement présentés au nouveau client de la « centenaire ».



« Oui, monsieur Bidulph, un simple coup de Bourse, un coup à l’américaine ! » dit Kin-Fo à l’agent principal de la compagnie d’assurances.

L’honorable William J. Bidulph sourit en connaisseur.

« Bien joué, en effet, car tout le monde y a été pris, dit-il.

— Même mon correspondant ! répondit Kin-Fo. Fausse cessation de paiements, monsieur, fausse faillite, fausse nouvelle ! Huit jours après, on payait à guichets ouverts.

L’affaire était faite. Les actions, dépréciées de quatre-vingts pour cent, avaient été rachetées au plus bas par la Centrale Banque, et, lorsqu’on vint demander au directeur ce que donnerait la faillite : — « Cent soixante-quinze pour cent ! » répondit-il d’un air aimable. Voilà ce que m’a écrit mon correspondant dans cette lettre arrivée ce matin même, au moment où, me croyant absolument ruiné…

— Vous alliez attenter à votre vie ? s’écria William J. Bidulph.

— Non, répondit Kin-Fo, au moment où j’allais être probablement assassiné.

— Assassiné !