Page:Verne - Maître du monde, Hetzel, 1904.djvu/131

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


XI

EN CAMPAGNE.


Ainsi, l’introuvable capitaine venait de réapparaître en un point du territoire des États-Unis. Il n’avait été se montrer ni sur les routes ni sur les mers de l’Europe. Tout cet Atlantique qu’il eût mis moins de quatre jours à traverser, il ne l’avait pas franchi… Était-ce donc la seule Amérique dont il faisait le théâtre de ses expériences, et devait-on en conclure qu’il fût américain ?

Qu’on ne s’étonne pas si j’insiste sur ce point que le submersible aurait pu franchir la vaste mer qui sépare le Nouveau de l’Ancien Continent. Sans parler de sa vitesse qui lui assurait un voyage de courte durée comparé à la marche des plus rapides paquebots de l’Angleterre, de la France ou de l’Allemagne, il n’avait, en somme, rien à craindre des mauvais temps qui désolent ces parages. La houle n’existait pas pour lui. Il lui suffisait d’abandonner la surface des eaux pour trouver le calme absolu à quelque vingtaine de pieds au-dessous.

Mais enfin, il ne l’avait pas tenté, ce voyage à travers l’Atlantique, et, si sa capture réussissait, ce serait dans l’Ohio probablement, puisque Toledo est une des villes de cet État.

Du reste, le secret avait été bien gardé entre l’Hôtel de la police et l’agent de qui était venue la nouvelle, et avec lequel j’allais être en relation. Aucun journal, – et il l’eût payée cher, – n’en avait eu la primeur. Il importait qu’elle ne fût point dévoi-