Page:Verne - Maître du monde, Hetzel, 1904.djvu/170

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XIV. Le Niagara.


Cependant le temps s’écoulait et la situation ne se modifiait pas. Le timonier était revenu à la barre, le capitaine, à l’intérieur, surveillait la marche des machines. Je le répète, même lorsque la vitesse s’accroissait, le moteur fonctionnait sans bruit, avec une remarquable régularité. Jamais un de ces à-coups inévitables qui résultent de l’emploi des cylindres et des pistons. J’en concluais donc que le déplacement de l’Épouvante, dans chacune de ses transformations, s’effectuait au moyen de machines rotatives. Mais impossible de m’en assurer.

D’autre part, j’observai que l’orientation ne changeait pas. Toujours vers le nord-est du lac, et, par conséquent, en direction de Buffalo.

« Pourquoi le capitaine suit-il cette route ?… me disais-je. Il ne peut avoir l’intention de mouiller dans ce port… au milieu de la flottille de pêche et de commerce !… S’il veut sortir de l’Érié, ce n’est pas le Niagara qui lui offrirait passage, et les chutes sont infranchissables même avec un appareil tel que le sien !… Le seul chemin, c’est Detroit-river, et l’Épouvante s’en éloigne visiblement !… »

Cette pensée me vint alors : peut-être le capitaine attend-il la nuit pour rallier l’une des rives de l’Érié ?… Là, le bateau, changé en automobile, aurait vite fait de traverser les États voisins…