Page:Verne - Maître du monde, Hetzel, 1904.djvu/185

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XV. Le nid de l’aigle.


Le lendemain, lorsque je me réveillai après un assez lourd sommeil, l’appareil ne faisait plus aucun mouvement. Je m’en rendis compte aussitôt : il ne roulait pas sur terre, il ne naviguait ni sur ni sous les eaux, il ne volait pas au milieu des airs. Devais-je en conclure que son inventeur avait regagné la mystérieuse retraite où jamais être humain n’avait mis le pied avant lui ?…

Et alors, puisqu’il ne s’était pas débarrassé de ma personne, son secret allait-il enfin m’être révélé ?…

Peut-être s’étonnera-t-on que j’eusse si profondément dormi pendant ce voyage aérien. Je m’en suis étonné moi-même, et je me demandai si ce sommeil ne fut pas provoqué par une substance soporifique mêlée à mon dernier repas… le capitaine de l’Épouvante voulant me mettre ainsi dans l’impossibilité de connaître le lieu de son atterrissement ?… Tout ce que je puis affirmer, c’est qu’elle avait été terrible, l’impression que je ressentis au moment où l’appareil, au lieu d’être entraîné dans les tourbillons de la cataracte, s’enleva sous l’action de son moteur, comme un oiseau dont les larges ailes battaient avec une extraordinaire puissance !…

Ainsi, donc, cet appareil du Maître du Monde répondait à ce quadruple fonctionnement : il était à la fois automobile, bateau, submersible, engin d’aviation. Terre, eau, air, à travers ces trois