Page:Verne - Maître du monde, Hetzel, 1904.djvu/232

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XVIII. Le dernier mot à la vieille Grad.


Lorsque je revins à moi, après être resté sans connaissance – combien d’heures, je n’aurais pu le dire –, un groupe de marins, dont les soins m’avaient rappelé à la vie, entourait le cadre de la cabine où j’étais déposé.

À mon chevet, un officier m’interrogea, et, ma mémoire retrouvée, je pus répondre à ses questions.

Je dis tout, oui !… tout, et, assurément, ceux qui m’entendirent durent croire qu’ils avaient affaire à un malheureux dont la raison n’était pas revenue avec la vie !

J’étais à bord du steamer Ottawa, en cours de navigation dans le golfe du Mexique, et faisant route vers La Nouvelle-Orléans. Alors qu’il fuyait devant l’orage, l’équipage, rencontrant l’épave à laquelle j’étais accroché, m’avait recueilli à bord.

J’étais sauvé, mais Robur-le-Conquérant et ses deux compagnons avaient terminé dans les eaux du golfe leur aventureuse existence. À jamais disparu le Maître du Monde, frappé de cette foudre qu’il osait braver en plein espace, emportant dans le néant le secret de son extraordinaire appareil !

Cinq jours après, l’Ottawa arrivait en vue des côtes de la Louisiane, et, le matin du 10 août, il mouillait au fond du port.

Après avoir pris congé des officiers du steamer, je montai