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ESTHÉTIQUE DU RYTHME

Wulfstrm (1), clans ses sermons, emploie la dernière rime (slltan and bltaii) et bien d’autres encore, par exemple granung ond wânHn<r (p. g/j, 209, 229). Celle-ci reparaît chez Byrhtferd (pvâni’a/î ond grânian) et même en moyen anglais (grônin ond wônin, v. Stratman, Old EngUsh Diclionatj’). Æirric (2) afîectionne l’expression on Jvle ond on wxte « dans le manger et dans le boire » (Homélies, I, p. 3Go ; II, p. 218, 490, 690 ; Saints, p. 202). § 195. Il n’y a rien de surprenant à ce que les poètes aient introduit dans leurs vers ces formules usuelles :

fëond ond frêond (^Bcowulf, i865 a ; Elene, 954 a ; Genèse, 281 1 à).

healdan ond wealdan (Enigmes, [i, 5 a, 22 b ; Psaumes, 70, 9 : 122, 2) (3).

healdend ond wealdend (Andréas, 225 Z » ).

frod ond gôd (]Vldslâ, 11 k a ; Bëowidf, 279 a ; Elene, 954 a ; Genèse, 2811 « ).

L’hémistiche ùor<ssor<>^ h’iteâ du Poème Rimé reproduit sans aucun doute un proverbe, conservé jusqu’à nos jours sous une forme beaucoup moins expressive : « he that goes a-borrowing goes a-sorrowing ». Il se retrouve en allemand : « Borgen macht Sorgen ».

Parfois on associait ainsi les noms propres ; la rime remplaçait alors l’allitération habituelle (v. § 192) ou la renforçait (4). Il y en a un exemple dans le plus ancien monument de la poésie anglo-saxonne — le plus ancien du moins dans sa rédaction première, assez diindle à reconnaître aujourd’hui à travers notre texte :

Seccan sdhte ic ond Beccan (]VldsJâ, ii5 « ).

^ 196. Dans tous ces cas, la rime n’apparaît qu’à l’intérieur du vers el comme purement sectionnelle (v. Première Partie, § 276, 2°). Mais elle semble parfois servir à mieux rattacher les hémistiches ou les vers et à en faire ressortir les syllabes accentuées. L’hymne de Ceedmon, pourtant si court, en contient déjà un exemple :

tha raiddungeard, nioncynniics uard (5).

Tantôt la rime intersectionnelle est intérieure :

eardvA hynda ; Ileorot frt/Y/ode,

Bêowidf, 166.

(i) Archevêque d’York (1002-1028). (2) Vers 955-1020. (3) Cp., en allemand moderne, schalten und ivalten. (4) Dans les noms tels que Bânstân (^Bêoumlf, 52^ a), on a une rime analague à celle de bonjsorg. Le texte a licanslân, mais il faut lire Bânstân : cp. Bainobaudes (Ammien Marcellin) ; ail. Bcinhard, Baino, Beinung ; v. norrois Beinir (v. Kluge, P. B.’s Bcitr., IX, 578 et Bugge, ib., XII, 55).

(5) En saxon occidenlal : dâ middangcard, moncynnes Aveard (Alfred le Grand ? ), a dehinc lerram custos luimani gcneris — omnipotens creauit » (Bède).