Page:Victor Brochard - Les Sceptiques grecs.djvu/115

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positif sur sa doctrine se réduit à assez peu de chose. Nous connaissons seulement le point précis du long et retentissant débat qu'il eut avec Zenon et les stoïciens ; il est vrai que ce point est d’une importance capitale et que, si Arcésilas a gain de cause, c*en est fait de tout le stoïcisme.

A partir d’Aristote ^^^ une des questions les plus discutées dans toutes les écoles, aussi bien par les épicuriens que par les stoïciens , les sceptiques ou les académiciens , est celle du critérium de la vérité. Zenon trouvait ce critérium dans ce qu’il appelait la représentation compréhensive {(pavraala xaràkirnlixii). Parmi nos diverses représentations, il en est qui font sur nous une impression si particulière, si nette et si précise, qui se gravent si vivement dans l’âme , qu’il est impossible de les confondre avec les autres et qu’elles portent en elles-mêmes le témoignage de la vérité de leur objet : elles le font connaître en même temps qu’elles sont elles-mêmes connues ^^^ ; en d’autres termes , elles sont vraies. Ces représentations forment le premier degré de la connaissance, que Zenon comparait k la main’ ouverte ^^K En même temps qu’elles se produisent , elles provoquent dans la partie supérieure de l’âme, en raison même de leur clarté et de leur force, un assentiment [ouyKcnclBeats) qui est comme une réponse au choc venu du dehors. Cet acte, émané de l’initiative de l’âme, dépend de la volonté, mais ne manque jamais de se produire quand l’âme éprouve une représentation vraie (4). C’est le second degré de la connaissance, comparé par Zénon à la main légèrement fermée. Vient ensuite la compréhension (catalipsis), comparée au poing, puis la science , assimilée au poing fermé et fortement maintenu par l’autre main.

Ces principes posés, Zénon établissait (5) que le sage cesserait

1) Voir BavaisBon, Euai êur la m^taphy9ique d^Ariâtole^ L II, p. 197.

2) pKeud. Plut, De plac, philoa,, IV, la : È9èeptv6^upo9 iauxé Tf xoi to «reVOilfXlJf.

3) Cic, Ac, II. XLfii» lâo.

4) Cic, Ac, II, XII > 38.

5) Cic, Acj 11, x\iv, 77 ; XX, 66; ixi, 67 ; Sexl., M., Vil, i53 ei $eq.