Page:Victor Brochard - Les Sceptiques grecs.djvu/329

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le second de ces ouvrages est donné par Sextus lui-même[1] comme la continuation du premier. En outre, de nombreux passages disent expressément que les mêmes questions ont déjà été traitées ailleurs et font manifestement allusion aux Hypotyposes [2]. D’autre part, Sextus, dans le Πρὸς μαθηματικούς, rappelle plusieurs fois[3] les arguments qu’il a dirigés contre les physiciens. Un passage de cet ouvrage[4] semble aussi renvoyer aux Hypotyposes[5].

Outre ces trois ouvrages, nous trouvons encore dans le texte même de Sextus d’autres titres, tels que Ἀντιρρητικοί, — Τὰ περὶ στοιχείων, — Σκεπτικὰ ὑπομνήματα, — Σκεπτικά, — Περὶ τῆς σκεπτικῆς ἀγωγῆς, — Πυρρώνεια. Faut-il y voir des ouvrages distincts des précédents et qui auraient été perdus, ou seulement

  1. plutôt des modèles que Sextus avait sous les yeux. Philippson (De Philodemi libro, p. 61, Berlin, 1881, diss. inaug.) se prononce pour l’antériorité du Πρ. δογματικοὺς sur les Hypotyposes, par cette raison que, dans ce dernier ouvrage, Sextus penche vers les méthodiques, tandis que, dans le premier, il est plus favorable aux empiriques (voyez ci-dessus, p. 317). Mais l’argument invoqué par Philippson ne nous semble pas pouvoir être mis en balance avec les preuves décisives qui résultent du texte même de Sextus. Si on admet que Sextus a composé ses ouvrages dans un autre ordre que celui de leur publication et les a corrigés pour renvoyer de l’un à l’autre, on ne voit pas pourquoi il n’aurait pas en même temps effacé dans le Πρ. δογμ, les traces de l’empirisme qui avait cessé de lui paraître vrai.

  2. M., VII, 1.
  3. M., VIl, 29, et P., I, 21 ; M., VII, 345, et P., I, 36 ; M., IX, 195, et P., III, 13 ; M., XI, 144, et P., I, 25.
  4. M., I, 35, et IX, 195 ; M., lII, 116, et IX, 279.
  5. M., I, 33, à P., III, 259. Mais c’est peut-être une allusion à M., XI, 236.
  6. Non content de rattacher le livre contre les dogmatiques aux Hypotyposes, Zeller croit pouvoir ajouter que les Hypotyposes annoncent le Πρ. δογματ. Il y aurait quelque chose de singulier à renvoyer d’avance à un ouvrage futur. En tout cas, les deux textes cités par Zeller peuvent s’expliquer autrement : 1° Quand Sextus dit (P., I, 21) à propos du critérium de la vérité : Περὶ οὖ ἐν τῷ ἀντιρρητικῷ λέξομεν, Zeller, avec Fabricius, croit qu’il fait allusion au passage M., VII, 29, où la même question est en effet traitée. Mais n’est-il pas plus naturel de penser qu’il songe au IIe livre des Hypotyposes, 14, où il traite aussi le même sujet ? La critique du dogmatisme entreprise dès les Hypotyposes est appelée aussi ἀντίρρησις (P., II, 17) ; 2° De même le passage P., II, 215 : Περὶ δὲ ὅλου καὶ μέρους διαλεξόμεθα καὶ ἐν τοῖς Φυσικοῖς δὴ λεγομένοις semble annoncer M., IX, 331, chapitre intitulé Περὶ ὅλου καὶ μέρους. Mais il est possible aussi et plus probable qu’il se rapporte au chapitre des Hypotyposes, III, 98.