Page:Victor Brochard - Les Sceptiques grecs.djvu/92

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nous soit parvenu quelques fragments, cinq ou six vers des Imagée ^^\ et environ cent cinquante des Silles*

Les Silles sont de beaucoup l'œuvre la plus importante de Timon : c’est de ià que lui est venu ie nom de milografhe^ et il faut que ces poésies aient été souvent lues dans l’antiquité, car elles sont fréquemment citées par Diogène, Sextus, Athénée, à qui nous devons les fragments conservés. C’était un poème sati- rique en vers hexamètres, dont chacun parait avoir été une pa- rodie d’un vers d’Homère ^^). Tout ce que nous savons de certain sur la composition de ce poème, c’est qu’il comprenait trois livres : le premier était une exposition continue [etùroSitfytfro» fyjii Ttjy ipfiifvsiayy^^ ; le second et le troisième avaient la forme de dialogue : Xénophane de Colophon , répondant aux questions de Timon, passait en revue, dans le second livre, les anciens philosophes, dans le troisième les philosophes modernes. Tous trois traitaient le même sujet, et étaient consacrés & injurier et à couvrir de ridicule tous les philosophes.

Wachsmuth, d’une manière très ingénieuse, a essayé de reconstituer l’ensemble de l’œuvre. Le premier livre serait une descente aux enfers, une vexvia, imitée de celle d’Homère : Démocrite, Pythagore, Parménide, Zenon d’Elée, Mélissus, Platon , Zenon de Citium , Aristote auraient tour à tour été distingués par Timon dans la foule des ombres, et chacun aurait été caractérisé par quelque réflexion, généralement désobligeante. Pythagore n’est qu’un charlatan impudent et ignare; Heraclite, un déclamateur criard qui injurie tout le monde ; Platon , un hâbleur qui n’est pas dupe des mensonges qu’il invente ; Xénophon un pauvre écrivain; Aristote un vaniteux insup-

(^} Les fragments de Timon sont réunis dans MoUach, Fragm, Pkilo$, Grœcor.y t. I, p. 89. Ce qui nous est resté des SUlm a été puUié avec grand soin par Wachsmuth, De Timone PMiatio» Leipâg, iSSg.

^’ Wachsmuth a eu soin de citer, en regard des vers des SUlm, ceux de Vlkadê ou de l'Odyssée dont ils sont la parodie.

) Diog. , IX , 1 11 . Cf. Âristoc. , loc. cit. 98 : "mtbnag tous ««^orc ^Xoaa^iéoûanms

î*^ Op^ eiLy p. 17 el $eq.