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TIMON DE PHLIONTE. 89
Timon a écrit contre les physiciens permet de conjecturer que sur plus d'un point il avait argumenté de la sorte.
En outre, Diogène nous donne aussi quelques renseigne- ments positifs. Il nous apprend ^^^ que Timon combattait ceux qui veulent confirmer le témoignage des sens par celui de la raison : «Le francolin et le corlieu se rencontrèrent, 99 disait Timon ^^^ dans un vers qui était peut-être le commencement d'une fable. Ces noms d'oiseaux sont employés ici, ainsi que l'a remarqué Ménage , comme synonymes de fripons. C'est à ces fripons que le sceptique assimilait les sens et la raison.
Enfin, Diogène ^^' nous assure que, dans le Python, Timon interprétait la formule oiSiv ia&XXov dans le sens où tous les sceptiques l'ont entendue depuis.
D'un autre côté cependant, si la critique des thèses dogma-< tiques avait eu chez Timon un grand développement et une véritable importance, si son scepticisme avait déjà pris la forme dialectique, comment croire que Sextus ne l'eût pas cité plus souvent et avec plus de précision et en lui faisant de plus larges emprunts ? Quand on le voit insister avec complaisance sur les arguments d'un Diodore Groous, comment supposer qu'il n'eût pas saisi avec empressement l'occasion de reproduire les critiques
<» IX, lia.
(*> Lb Mippontion admise par Wilamoviti {PhUoL Unttn,, iV, 39), suivant laquelle Timon aurait joué sur le mot vouymvios et désigné en même temps que le corlieu le philosophe Naménius, autre disciple de Pyrrhon, le même qui est dté par Diogène (IX, loa), semble bien invraisemblable. U faudrait admettre que ce Noménius, disciple infidèle de Pyrrhon , était devenu un dogmatiste; c*est pour ce motif que seul, diaprés Diogène (68), il aurait dit que Pyrrhon avait dogmatisé, n est plus probable, comme le montre Hirzel (op. àU, p. Aâ), que le Numéniut de Diogène est le néopytbagoricien dont Eusèbe nous a conservé des fragments. De plus, si le Numéoius nommé plus loin avec Timon lui-même et iEnésidème était un sceptique, on ne voit pas pourquoi Timon Taurait attaqué. U se peut aussi, comme le conjecture Hirsel, que Ténumération assez bixarre de Timon, iEnési- dème, Numénias, Nausiphanes, appelés m>9ii6ttt de Pyrrhon, quoiqu^ib ne soient pas tons du même temps, soit une interpolation. Enfin, comme l'indique Natorp (op. cil., p. 991), ovyiffieif ne se rapporte peut-être quà Timon et iEnéndème; il n*y aurait alors aucune difficulté à considérer Numénius comme étranger à Técole sceptique, aussi bien que Nausiphanes.
W Diog.,IX,76.
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