Page:Vidocq - Mémoires - Tome 1.djvu/399

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CHAPITRE XIV.


Le père Mathieu. — Je me fais industriel. — Ruine de mon établissement. — On me croit perclus. — Je suis aide-major. — Ecce Homo ou le marchand de cantiques. — Un déguisement. — Arrêtez ! c’est un forçat. — Je suis mis à la double chaîne. — La clémence du commissaire. — Je lui fais un conte. — Ma plus belle évasion. — La fille publique et l’enterrement. — Je ne sais pas ce que c’est. — Situation critique. — Une bande de brigands. — J’y découvre un voleur. — J’obtiens mon congé. — L’indemnité de route. — Je promets le secret.


Jamais je n’avais été si malheureux que depuis mon entrée dans le bagne de Toulon. Confondu à vingt-quatre ans avec les plus vils scélérats, sans cesse en contact avec eux, j’eusse mieux aimé cent fois être réduit à vivre au milieu d’une troupe de pestiférés. Contraint à ne voir, à n’entendre que des êtres dégradés, dont l’esprit sans cesse s’évertuait au mal, je redoutais pour moi la contagion de l’exemple. Quand, jour et nuit, en ma présence, on préconisait hautement les actions les plus contraires à la morale, je n’étais