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72 AXEL

HARTWIG

Laisse donc ! C’est un moyen pour lui d’être seul. Oublies-tu qu’il n’aime que le silence ! — S’il accepte, parfois, Ukko pour compagnon, c’est que l’enfant devient, à ses côtés, plus muet que son ombre et qu’il se sait aimé jusqu’à la mort par ce vigilant veilleur aux yeux de faucon ! — Avec tout autre, un temps de galop sur son étalon Wunder et le voilà hors de vue, franchissant ravins et halliers. Gunther et Job, ses deux moins vieux piqueurs, ont renoncé à le suivre depuis longtemps, — et le commandeur d’Auërsperg s’en revient au château presque toujours une demi- heure après le départ.

MIKLAUS, rêveur Vraiment ? Ah ?… c’est différent ! Je croyais que son cousin l’aidait un peu, ces jours-ci, dans ces dangereuses battues sous bois…

HARTWIG, souriant

Axel d’Auërsperg n’a que faire d’être aidé de personne lorsqu’il veut détruire des sangliers ou des ours, ou des aigles : montrant les murailles : regarde. — Les dangers !… Par saint Wilhelm ! Tu sais fort bien que notre jeune seigneur est