Page:Villiers de L'Isle-Adam - Tribulat Bonhomet, 1908.djvu/119

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tée ». Cela signifiait, tout bonnement, que les instigations câlines de nos passions obscurcissent parfois en nous, pèlerins de la terre, le souvenir de la patrie céleste : — pensée que jamais croque-notes n’est capable d’avoir, — on en conviendra, — (si puérile qu’elle soit, d’ailleurs !) — « Mais » ajoutait Mme Lenoir, « la mystique fanfare finissait par éclater et dominer triomphalement : une option réfléchie et décisive reprenait, dans la lumière du soir, l’hymne de gloire et de martyre, et précipitait la fuite des ombres, comme une authentique mission d’Espérance ! »

À cet énoncé, je sentis le fou rire me monter à la gorge. Il était évident que Mme Lenoir, abusant des privilèges de son sexe frivole, voulait se divertir à mes dépens. Je jugeai opportun de m’y prêter de bonne grâce et l’éloge de cet intrigant défraya le babil des deux premiers services.