Page:Wharton - Sous la neige, 1923.djvu/28

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Cette page n’a pas encore été corrigée



Est-ce l’image qu’elle évoque de la vie humaine rattachée au sol, par ce fait qu’elle détient les sources essentielles de l’existence, la chaleur et la nourriture, est-ce plutôt l’idée consolante qu’elle permet aux habitants de ce dur climat d’accomplir leur tâche matinale sans affronter le froid, on ne saurait exac­tement le dire ; mais sûrement cette L, encore plus que la maison elle-même, figure le centre, le foyer, de toute ferme dans la Nouvelle-Angleterre. Cette association d’idées, qui s’était plus d’une fois présentée à mon esprit durant mes promenades aux environs de Starkfield, me fit discerner un accent d’amertume dans les paroles de Frome : dans sa maison amoindrie il me semblait voir le symbole même de son pauvre corps ruiné.

— La maison est bien isolée maintenant, ajouta-t-il. Mais avant la construction du chemin de fer on passait beaucoup par ici pour aller aux Flats.

Il tira sur les guides pour réveiller le cheval somnolent. Puis, comme si la vue de sa maison m’avait introduit trop avant dans son intimité pour qu’il se tînt plus longtemps sur la réserve, il continua lentement :

— C’est à cela que j’ai toujours attribué l’aggravation de l’état de ma mère. Quand elle fut percluse de rhumatismes, au point de ne pouvoir guère remuer,