Page:Wilde - La Maison de la courtisane, trad. Savine, 1919.djvu/27

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Cette page n’a pas encore été corrigée


souverain maître de toutes choses, et que roi et paysan doivent devenir de la poussière.

Sans doute, elle fut grande leur gloire à eux ! mais à mes yeux, le roi barbare, le héros de la chevalerie, la grande reine elle-même étaient chose misérable et vaine, à côté du tombeau où Dante se repose de ses peines. Sa tombe dorée s’ouvre en plein air, et un sculpteur aux mains habiles y a gravé le front blanc et calme, aussi calme que l’aube naissante, ces yeux où s’allumaient les éclairs de l’amour et du dédain, ces lèvres qui chantèrent le ciel et l’enfer, cette figure ovale que dessina si bien Giotto, la figure lasse du Dante. Jusqu’à ce jour, il est resté au lieu où il a trouvé le repos, bien loin de l’Arno qui précipite ses flots jaunes sous les larges ponts de cette belle cité, où le haut campanile de Giotto semble se dresser comme un lis de