Page:Wilde - Le Crime de Lord Arthur Savile, trad. Savine, 1905.djvu/23

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danger, à la fois sur terre et sur mer. Ainsi il faut que je vive en ballon et que, chaque soir, je fasse hisser mon dîner dans une corbeille. Tout cela est écrit là, sur mon petit doigt ou sur la paume de ma main, je ne sais plus au juste.

— Mais sûrement, c’est là tenter la Providence, Gladys.

— Ma chère duchesse, à coup sûr la Providence peut résister aux tentations par le temps qui court. Je pense que chacun devrait faire lire dans sa main, une fois par mois, afin de savoir ce qu’il ne doit pas faire. Si personne n’a l’obligeance d’aller chercher M. Podgers, je vais y aller moi-même.

— Laissez-moi ce soin, lady Windermere, dit un jeune homme tout petit, tout joli, qui se trouvait là et suivait la conversation avec un sourire amusé.

— Merci beaucoup, lord Arthur ; mais je crains que vous ne le reconnaissiez pas.

— S’il est aussi singulier que vous le dites, lady Windermere, je ne pourrais guère le manquer. Dites seulement comment il est et, sur l’heure, je vous l’amène.