Page:Zola - Vérité.djvu/17

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d’ailleurs tout acquise à l’abbé Quandieu, le curé de la paroisse, aux capucins, aux bons frères eux-mêmes ; et elle conduisait en personne ses élèves au catéchisme et aux cérémonies religieuses.

Lorsqu’elle vit l’affreux spectacle, elle jeta des cris à son tour.

— Bonté divine ! ayez pitié de nous !… C’est une tuerie, un massacre, une œuvre du diable, ô Dieu de miséricorde !

Puis, voyant Mignot près d’enjamber l’appui de la fenêtre, elle l’en empêcha.

— Non, non ! n’entrez pas, il faut savoir, il faut appeler.

Mais, justement, comme elle se retournait, cherchant du monde, elle aperçut le père Philibin et le frère Fulgence, qui débouchaient de la rue Courte, venant de la place des Capucins, où Geneviève et ces dames les avaient vu passer. Elle les reconnut, leva les mains au ciel, ainsi qu’à l’apparition du bon Dieu lui-même.

— Oh ! mon père, oh ! mon frère, venez, venez vite, le démon a passé par ici !

Les deux religieux s’approchèrent, reçurent l’horrible secousse. Tandis que le père Philibin, énergique et réfléchi, restait silencieux, le frère Fulgence, impulsif, cédant au continuel besoin de se mettre en avant, se répandait en exclamations.

— Ah ! le pauvre enfant !… Ah ! le crime exécrable ! un enfant si doux, si bon, le meilleur de nos élèves, et si pieux, si fervent !… Voyons, il faut nous rendre compte, nous ne pouvons laisser les choses ainsi.

Et, sans que Mlle Rouzaire osât de nouveau protester, il enjamba le premier l’appui de la fenêtre, suivi par le père Philibin, qui, ayant aperçu près du corps une boule de papier, roulée en une sorte de tampon, alla tout de suite la ramasser. L’institutrice, par crainte, ou plutôt