Pandore

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Gustave Nadaud Chansons

Pandore, ou les Deux Gendarmes
1853
Pandore



Deux gendarmes, un beau dimanche,
Chevauchaient le long d’un sentier ;
L’un portait la sardine blanche,
L’autre, le jaune baudrier.
Le premier dit d’un ton sonore :
« — Le temps est beau pour la saison !
— Brigadier, répondit Pandore,
Brigadier, vous avez raison. » (bis)

Phoebus, au bout de sa carrière,
Put encor les apercevoir ;
Le brigadier, de sa voix fière,
Troubla le silence du soir :
« — Vois, dit-il, le soleil qui dore
Les nuages à l’horizon !
— Brigadier, etc. »
 
« — Ah ! c’est un métier difficile :
Garantir la propriété ;
Défendre les champs et la ville
Du vol et de l’iniquité ;
Pourtant, l’épouse qui m’adore
Repose seule à la maison.
— Brigadier, etc. »

« — Il me souvient de ma jeunesse ;
Le temps passé ne revient pas…
J’avais une folle maîtresse
Pleine de mérite et d’appas,
Mais le cœur… (pourquoi ? je l’ignore),
Aime à changer de garnison.
— Brigadier, etc. »

« — La gloire, c’est une couronne
Faite de rose et de laurier ;
J’ai servi Vénus et Bellone :
Je suis époux et brigadier.
Mais je poursuis ce météore
Qui vers Colchos guidait Jason.
— Brigadier, etc. »

Puis, ils rêvèrent en silence ;
On n’entendit plus que le pas
Des chevaux marchant en cadence ;
Le brigadier ne parlait pas.
Mais, quand revint la pâle aurore,
On entendit un vague son :
« Brigadier, répondait Pandore,
Brigadier, vous avez raison ! » (bis)