Quand viendra-t-elle ?
La bibliothèque libre.
Au bureau du Comité Pottier, 1908 (pp. 129-131).
QUAND VIENDRA-T-ELLE ?
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Au citoyen Mijoul.
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- J’attends une belle,
- Une belle enfant,
- J’appelle, j’appelle,
- J’en parle au passant.
- J’attends une belle,
Ah ! je l’attends, je l’attends !
L’attendrai-je encor longtemps ?
-
- J’appelle, j’appelle,
- J’en parle au passant.
- Que suis-je sans elle ?
- Un agonisant.
- J’appelle, j’appelle,
Ah ! je l’attends, je l’attends !
L’attendrai-je encor longtemps ?
-
- Que suis-je sans elle ?
- Un agonisant.
- Je vais sans semelle,
- Sans rien sous la dent…
- Que suis-je sans elle ?
Ah ! je l’attends, je l’attends !
L’attendrai-je encor longtemps ?
-
- Je vais sans semelle,
- Sans rien sous la dent,
- Je vais sans semelle,
-
- Transi quand il gèle,
- Sans gîte souvent.
- Transi quand il gèle,
Ah ! je l’attends, je l’attends !
L’attendrai-je encor longtemps ?
-
- Transi quand il gèle,
- Sans gîte souvent,
- J’ai dans la cervelle
- Des mots et du vent…
- Transi quand il gèle,
Ah ! je l’attends, je l’attends !
L’attendrai-je encor longtemps ?
-
- J’ai dans la cervelle
- Des mots et du vent.
- Bétail, on m’attelle
- Esclave, on me vend.
- J’ai dans la cervelle
Ah ! je l’attends, je l’attends !
L’attendrai-je encor longtemps ?
-
- Bétail, on m’attelle,
- Esclave, on me vend.
- La guerre est cruelle,
- L’usurier pressant.
- Bétail, on m’attelle,
Ah ! je l’attends, je l’attends !
L’attendrai-je encor longtemps ?
-
- La guerre est cruelle,
- L’usurier pressant.
- L’un suce ma moelle,
- L’autre boit mon sang.
- La guerre est cruelle,
Ah ! je l’attends, je l’attends !
L’attendrai-je encor longtemps ?
-
- L’un suce ma moelle,
- L’autre boit mon sang
- Ma misère est telle
- Que j’en suis méchant.
- L’un suce ma moelle,
Ah ! je l’attends, je l’attends !
L’attendrai-je encor longtemps ?
-
- Ma misère est telle
- Que j’en suis méchant.
- Ah ! viens donc, la belle,
- Guérir ton amant !
- Ma misère est telle
Ah ! je l’attends, je l’attends !
L’attendrai-je encor longtemps ?
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- Paris, 1870.