« Je vois »

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Sigbjørn Obstfelder

Je vois
Traduit par Alfred Dreyfus



Je vois le ciel blanc. Je vois les nuages gris bleu. Je vois le soleil sanglant.

Voilà donc le monde. Voilà donc le domicile des mondes.

Une goutte de pluie !

Je vois les maisons hautes. Je vois les mille fenêtres. Je vois le clocher lointain.

Voilà donc la terre. Voilà donc le domicile des hommes.

Les nuages gris bleu se condensent. Le soleil a disparu.

Je vois les messieurs bien mis. Je vois les dames souriantes. Je vois les chevaux courbés.

Comme les nuages gris bleu s’alourdissent !

Je vois, je vois… Certes, je me suis trompé de monde. C’est si étrange ici…