À Ch. Alexandre

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À CH. ALEXANDRE




 
Votre livre paisible est comme ces clairières
Où les myosotis rêvent sous les fraisiers ;
Où les brises, du jour folles avant-courières,
Baignent leurs doux parfums dans les blancs cerisiers ;

Où l’on voit au travers des chênes des carrières
L’infini resplendir aux yeux extasiés ;
Où le rêve parcourt l’espace sans barrières
Aux chants de l’oiseau bleu caché sous les rosiers ;


Ce vêtement de Dieu qu’on nomme la nature,
De la famille humaine y cache la torture,
Et calme sa souffrance au doux baiser de l’art.

Dans son flux musical où voguent les idées,
Ce livre où vit la soif des choses insondées,
Est vaste comme Haydn et doux comme Mozart.