À Emmanuel Chabrier

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À EMMANUEL CHABRIER


Chabrier, nous faisions, un ami cher et moi,
Des paroles pour vous qui leur donniez des ailes,
Et tous trois frémissions quand, pour bénir nos zèles,
Passait l’Ecce deus et le Je ne sais quoi.

Chez ma mère charmante et divinement bonne,
Votre génie improvisait au piano,
Et c’était tout autour comme un brûlant anneau
De sympathie et d’aise aimable qui rayonne.

Hélas ! ma mère est morte et l’ami cher est mort.
Et me voici semblable au chrétien près du port,
Qui surveille les tout derniers écueils du monde,

Non toutefois sans saluer à l’horizon
Comme une voile sur le large au blanc frisson,
Le souvenir des frais instants de paix profonde.