À Jean Aicard (Prudhomme)

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ÉpavesAlphonse Lemerre, éditeur (p. 151-152).

À JEAN AICARD


sur son poème « Miette et Noré »


Tu nous as rapporté de ton pays natal
Ce qui nous manque ici, l’air, le jour et la flamme ;
Ton poème réchauffe et colore notre âme
Comme un reflet brûlant d’azur oriental.

Tu nous montres, à nous qui la connaissons mal,
Ta Méditerranée où la vague se pâme
Sous un ciel triomphant dont la splendeur proclame
Avec des clairons d’or les droits de l’Idéal.

Disciple harmonieux de l’antique cigale,
Je ne saurais te rendre aucune joie égale
À la sereine ivresse où m’ont plongé tes vers.

N’en fais que de pareils ou n’en fais jamais d’autres ;
Plains et n’imite pas la tristesse des nôtres
Où ne se sont mirés ni les cieux ni les mers.