À Turgot (1776)/Édition Garnier

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Garnier (tome 29p. 449-450).

À M. TURGOT[1]




Ferney, 29 mars 1776.

Monseigneur le contrôleur général permettra-t-il au vieux malade de Ferney toutes ses témérités ? Il les fait les plus courtes qu’il peut. Il sait qu’il ne faut pas bourdonner aux oreilles d’une tête occupée du bien public.

On lui a parlé de deux mille huit cents minots de sel de Peccais ; mais il n’ose en parler, il ne présente que son profond respect et sa reconnaissance.

Le sieur Sédillot père, âgé de quatre-vingt-dix ans, a géré, pendant près de soixante ans, l’emploi de receveur du grenier à sel à Gex.

Son fils l’exerce avec lui depuis vingt ans ; ils sont tous deux gentilshommes. Ils ont sacrifié sans peine leurs intérêts et ont perdu leur place pour le bien de la province. Ils implorent la protection de monseigneur le contrôleur général.

Le sieur Rouph, procureur du roi à Gex, père de dix enfants, acheta, en 1767, l’office de contrôleur au grenier à sel de Gex, sous le nom de Duprez, lequel est décédé. Il a payé pour cet office, et pour les différentes taxations, huit mille sept cent onze livres.

Il espère que monseigneur le contrôleur général daignera ordonner qu’il soit remboursé en justifiant de ses titres.


fin des notes à m. turgot

  1. Cette espèce de requête, de la main de Wagnière, fut envoyée par Voltaire sur trois feuillets composant un seul cahier. Déjà, dans sa lettre du 8 janvier 1776, il avait recommandé les sieurs Sédillot et Rouph au contrôleur général. (Cl.)

    — Dans les éditions de Kehl et beaucoup d’autres, cette pièce avait été mise dans la Correspondance.