À la bien-aimée

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Gabriel Monavon Extrait de : Littérature contemporaine… Volume 41, publiées par Évariste Carrance (Agen 1889)

À la bien-aimée

Sonnet


Si j’étais une fleur, j’ouvrirais mon calice,
Et répandrais pour toi mes parfums les plus chers ;
Abeille, au fond des prés, sur les coteaux déserts,
J’irais chercher la plante au plus doux miel propice ;

Rossignol, je voudrais à l’heure où le soir glisse,
À l’heure du berger, parmi les rameaux verts,
Poète ailé des bois, exhaler dans les airs,
Un chant d’où la tendresse en purs accents jaillisse.

Je ne suis pas l’abeille ou le calice d’or ;
Je ne saurais t’offrir, comme un riant trésor,
Ni frais parfums, ni miel à la saveur exquise…

Mais mon amour ressemble au tendre oiseau chanteur :
Comme le rossignol qui chante dans la brise,
Entends l’oiseau d’amour qui chante dans mon cœur !