À madame Juliette Forestier-Luce

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À MADAME JULIETTE FORESTIER-LUCE


Improvisé pendant qu’elle jouait au piano une de ses admirables fantaisies




 
Madame, j’écoutais le piano frémissant
Sous vos doigts créateurs évoquer tout un monde
De rêves embaumés que nulle main n’émonde
Et qui montent aux cieux comme un soleil naissant.


Je cachais dans mes mains mon front incandescent ;
Votre inspiration sublime et vagabonde
Dans mon cœur enivré d’une extase profonde
Faisait sourdre les vers comme un fleuve puissant.

Mais les vers, bois grossier qu’à sculpter je m’efforce,
Rendent un vain accord incomplet et sans force,
Et ne font qu’assombrir votre orient vermeil.

Penché sur le piano dont le chant m’extasie,
Je disais, — en pensant à vous, — la poésie
N’est que la lune, et la musique est le soleil.