Émile Nelligan et son œuvre/Tristia/Roses d’octobre

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ROSES D’OCTOBRE




Pour ne pas voir choir les roses d’automne,
Cloître ton cœur mort en mon cœur tué.
Vers des soirs souffrants mon deuil s’est rué,
Parallèlement au mois monotone.

Le carmin tardif et joyeux détonne
Sur le bois dolent de roux ponctué…
Pour ne pas voir choir les roses d’automne,
Cloître ton cœur mort en mon cœur tué.

Là-bas, les cyprès ont l’aspect atone ;
À leur ombre on est vite habitué,
Sous terre un lit frais s’ouvre situé ;
Nous y dormirons tous deux, ma mignonne,

Pour ne pas voir choir les roses d’automne.