Épitaphe de Louise de Bueil, abbesse de Bonlieu

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Épitaphe de Louise de Bueil, abbesse de Bonlieu


ÉPITAPHE
De feue Dame Louise de Bueil, abbesse de Bonlieu.
Sonnet.

Celle de qui ce marbre est le dernier sejour
De la bonté du ciel avoit eu tant de grace
Que, ne pouvant gouster aucune chose basse,
Elle estima Dieu seul digne de son amour.

Pendant qu’elle a joui de la clarté du jour,
De ce parfait amant elle a suivy la trace,
Et toutesfois ses ans ont borné leur espace
Que huit lustres entiers n’avoient pas fait leur tour.

Ne sois point estonné, toy qui plaints ce dommage,
Si Dieu, qui fut l’autheur d’un si parfait ouvrage,
A permis que la Mort l’ait si-tost abatu.

Croy que c’est un effet de sa bonté profonde
De n’avoir point souffert qu’une telle vertu
Endurast plus long-temps les miseres du monde.