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Évangile d’une grand’mère/3

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Librairie de L. Hachette et Cie (p. 12-14).

III

LA VISITATION.



Zacharie était un prêtre juif ; il était vieux, sa femme Élisabeth était vieille aussi ; elle avait déjà quatre-vingts ans passés ; ils n’avaient jamais eu d’enfants, ce qui les affligeait beaucoup.

Henri. Les prêtres juifs avaient donc des femmes ?

Grand’mère. Oui, les prêtres juifs avaient des femmes, parce que la loi ancienne n’était pas aussi parfaite que la nôtre et n’exigeait pas des prêtres un dévouement si absolu. Nos prêtres n’ont pas de femmes, afin de se dévouer tout entiers au service de Dieu, au salut des âmes, au soulagement des pauvres et à l’instruction religieuse des enfants.

Un jour Zacharie entra dans le Temple pour offrir de l’encens au Seigneur devant l’autel dans le sanctuaire. Tout le peuple se tenait dehors et priait ; les prêtres seuls avaient le droit d’entrer dans cette partie du Temple. Pendant que Zacharie offrait et brûlait de l’encens, il vit un Ange debout à la droite de l’autel. Zacharie se troubla et fut saisi de frayeur, car il vit bien que c’était un Ange.

Mais l’Ange lui dit :

« Ne crains pas, Zacharie, car ta prière a été exaucée et ta femme Élisabeth aura un fils, que tu appelleras Jean. Tu en seras dans la joie et plusieurs se réjouiront de sa naissance. Il sera rempli du Saint-Esprit dès sa venue en ce monde et il convertira beaucoup de gens. »

Zacharie, ne pouvant croire à la parole de l’Ange, lui demanda :

« Comment saurai-je que ce que vous dites doit arriver, car ma femme est bien avancée en âge ? »

L’Ange lui répondit :

« Je suis Gabriel, l’Ange du Seigneur, toujours présent devant Dieu, et c’est pour apporter cette heureuse nouvelle, que Dieu m’a envoyé vers toi. Et parce que tu n’as pas cru à ma parole qui s’accomplira au temps marqué par le Seigneur, tu vas devenir muet et tu resteras muet jusqu’à ce que ces choses arrivent. » Et l’Ange disparut.

Zacharie sortit du Temple ; le peuple le questionnait sur la cause de leur longue attente, et il ne pouvait répondre ; car il était muet. Quelque temps après, il s’aperçut qu’Élisabeth aurait bientôt un fils selon la parole de l’Ange ; Élisabeth s’en réjouissait et remerciait Dieu de l’avoir tirée de l’humiliation où elle vivait devant les hommes à cause de sa stérilité.

Pendant qu’elle bénissait Dieu d’avoir bientôt un fils, la sainte Vierge Marie demanda à Joseph, son époux, de la mener chez sa sainte cousine Élisabeth. Joseph y ayant consenti, ils se mirent en route à pied et traversèrent la Judée pour arriver à la ville d’Hébron, où demeuraient Zacharie et Élisabeth.

Lorsque Marie entra dans la maison, elle salua sa cousine. Aussitôt qu’Élisabeth eut entendu la voix de Marie, elle fut remplie du Saint-Esprit, qui lui fit voir que Marie était la Mère du Fils de Dieu ; elle s’écria :

« Vous êtes bénie entre toutes les femmes et le fruit de vos entrailles est béni ! D’où me vient cet honneur que la Mère de mon Seigneur soit venue jusqu’à moi ? »

Alors Marie dit ce beau cantique qu’on appelle Magnificat, qui se chante à l’église à la fin des vêpres.

Marie demeura environ trois mois avec sa cousine Élisabeth, puis elle retourna dans sa maison, à Nazareth.