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Évangile d’une grand’mère/99

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Librairie de L. Hachette et Cie (p. 265-268).

XCIX

NOTRE-SEIGNEUR PLEURE SUR JÉRUSALEM.



Jésus, étant arrivé près de Jérusalem, jeta les yeux sur cette ville et pleura sur elle, disant :

« Ah ! si du moins en ce jour qui t’est encore donné tu connaissais ce qui peut te procurer la paix ! Mais, maintenant ces choses sont cachées à tes yeux ! Des jours malheureux viendront sur toi ; tes ennemis t’environneront de tranchées et t’enfermeront et te serreront de toutes parts ! Ils te jetteront à terre, ainsi que les enfants qui sont au milieu de toi, et ils ne laisseront pas en toi pierre sur pierre, parce que tu n’as pas voulu reconnaître le temps où tu as été visitée ! »

Élisabeth. Grand’mère, il y a beaucoup de choses que je ne comprends pas bien ; d’abord qu’est-ce que ça fait à Notre-Seigneur que Jérusalem soit malheureuse, puisque les Juifs sont si méchants pour lui ? et puis quels sont les ennemis de Jérusalem et comment n’a-t-elle pas voulu connaître le temps où elle a été visitée, et par qui a-t-elle été visitée ?

Grand’mère. Notre Seigneur s’afflige des malheurs qu’il sait devoir tomber sur Jérusalem, parce que, malgré la méchanceté des Juifs, il les aime comme il aime les autres hommes, et plus encore puisqu’ils étaient son peuple choisi ; il désire qu’ils connaissent la vérité, qu’ils ouvrent les yeux et qu’ils obtiennent le bonheur éternel.

Les ennemis des Juifs étaient les Romains, lesquels, quarante ans après la mort de Notre-Seigneur, se rendirent maîtres de Jérusalem et la détruisirent entièrement. C’est la punition de l’aveuglement volontaire des Juifs, qui ont connu les miracles de Jésus-Christ, qui auraient dû comprendre qu’il était le Messie promis et attendu, et qui, de peur de perdre leur pouvoir, de peur de se trouver obligés d’obéir au lieu de commander, de se voir méprisés pour leurs vices au lieu d’être honorés pour leurs fausses vertus, ont fait tous leurs efforts pour faire mourir leur Sauveur. Ils y sont parvenus. Ils ont cherché ensuite à cacher sa résurrection, laquelle a été connue malgré eux, à leur grande colère comme vous le verrez bientôt. Ils n’ont donc pas voulu connaître le temps où Notre-Seigneur les a visités, ni reconnaître sa Divinité, ni avouer qu’il était le Messie, le Fils de Dieu attendu par tous les Juifs.

Notre-Seigneur paria encore longtemps au peuple ; il dit qu’il ne voulait pas demander à son Père de le délivrer de cette heure où il devait tant souffrir ; parce que, dit-il, c’est pour cette heure que je suis venu en ce monde ; le prince de ce monde, le démon, va être chassé, et moi je serai élevé de terre et j’attirerai tout à moi. Il voulait parler de la croix sur laquelle il serait attaché, et il voulait annoncer que sa mort amènerait la conversion de beaucoup de peuples qui seraient sauvés par lui. Il ajouta :

« Je suis la lumière ; je suis venu dans le monde pour éclairer les âmes et pour les sauver ; ceux qui n’écouteront pas mes paroles seront jugés au dernier jour, et tout ce que je dis c’est par l’ordre de mon Père qui m’a envoyé. »

Et la multitude tout émue demandait :

« Quel est donc celui-ci ? »

Et la foule qui l’avait suivi répondait :

« C’est Jésus, le prophète de Nazareth en Galilée. »

Petit-Louis. Notre-Seigneur était-il réellement un prophète ?

Grand’mère. Notre-Seigneur était plus qu’un prophète. Il était le Roi et le Dieu des prophètes. Seulement les Juifs, témoins de ses miracles et ne sachant pas qu’il était le Fils de Dieu, ne voyaient en lui qu’un envoyé de Dieu, un prophète comme Isaïe, Jérémie, et les autres prophètes qui l’avaient précédé.

Jésus entra dans le Temple et il guérit les boiteux, les aveugles, les infirmes qui vinrent à lui. Les enfants criaient : Hosanna au Fils de David !

Henriette. Que veut dire Hosanna ?

Grand’mère. Hosanna veut dire Gloire.

Les Pharisiens en furent indignés et lui dirent :

Entendez-vous ce que crient les enfants ?

— Oui, leur répondit Jésus ; mais n’avez-vous jamais lu cette parole de l’Écriture : C’est de la bouche des enfants que vous avez reçu la louange la plus parfaite. »

Et Jésus, les ayant quittés, retourna à Béthanie avec les douze Apôtres.