Œuvres complètes de Lamartine (1860)/Tome 1/À Alix de V…, jeune fille qui avait perdu sa mère

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VINGT-HUITIÈME

MÉDITATION



À ALIX DE V…

JEUNE FILLE QUI AVAIT PERDU SA MÈRE



Que notre œil tristement se pose,
Enfant, quand nous nous regardons !
Nous manque-t-il donc une chose,
Que du cœur nous nous demandons ?

Ah ! je sais la pensée amère
Qui de tes regards monte aux miens :
Dans mes yeux tu cherches ta mère,
Je vois ma fille dans les tiens !


Du regard quels que soient les charmes
Ne nous regardons plus ainsi :
Hélas ! ce ne sont que des larmes
Que les yeux échangent ici.

Le sort t’a sevré de bonne heure,
Toi de ton lait, moi de mon miel.
Pour revoir ce que chacun pleure,
Pauvre enfant, regardons au ciel !




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