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Œuvres complètes de Theophile (Jannet)/Vos rigueurs me pressoient d’une douleur si forte

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SONNET.


Vos rigueurs me pressoient d’une douleur si forte,
Que, si vostre présent, receu si chèrement,
Encore un jour ou deux eust tardé seulement,
Vous n’eussiez obligé qu’une personne morte.

Jamais esprit ne fut travaillé de la sorte :
Tout ce que je faisois aigrissoit mon tourment,
Et pour me secourir j’essayois vainement
Tout ce que la raison aux plus sages apporte.

Enfin, ayant baisé dans ce don précieux
La trace de vos mains et celle de vos yeux,
J’ai repris ma santé plus qu’à demi ravie.

Cloris, vous estes bien maistresse de mon sort,

Car, ayant eu pouvoir de me donner la vie,
Vous avez bien pouvoir de me donner la mort.