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Affaire de Plymouth et de Béthesda

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L. Prenleloup.

AFFAIRE DE
PLYMOUTH ET DE BÉTHESDA

Lettre à un ami.

Othy, 15 juillet 1849.

Dans une lettre du 26 du mois dernier, vous dites que vous avez reçu une lettre imprimée de M. Jukes, adressée aux réunions de Leeds, et d’Otley, et par laquelle vous apprenez qu’il est survenu à Béthesda quelque chose qui, à notre jugement, nécessite notre séparation de cette assemblée, et vous désirez que je vous fournisse tout ce qui a été imprimé des deux côtés à ce sujet. Le fait est que la question présente naît d’autres questions qui exercent les âmes des frères depuis des années et il vous serait impossible de comprendre l’une sans avoir quelque connaissance des autres. Mon but, par conséquent, est de vous donner un exposé bref et général de toute l’affaire, en vous renvoyant toujours à celles des principales publications, émises de tous les côtés, qui pourront vous mettre à même de former un jugement par vous-même et de voir si mon récit est basé sur les faits ou s’il ne l’est pas. Tout ce que je désire, c’est que les faits une fois placés avec impartialité devant les frères, ceux-ci recherchent la lumière et la grâce de Dieu pour en juger en sa présence. Si Dieu était recherché avec simplicité, sans désirer autre chose que sa gloire, je ne doute pas qu’il ne fit un sentier uni à son peuple (et vraiment je crois qu’il l’a déjà fait), quelque difficiles et embrouillées que les choses puissent paraître à ce qui n’est pas l’œil de la foi.

Il y a maintenant près de vingt ans qu’il plut à Dieu de réveiller plusieurs de ses enfants au sujet de l’importance, de la solennité, aussi bien que de l’excessive douceur de ce qu’il a révélé dans sa parole touchant son Église. L’union de cette Église avec Christ, comme formant un corps (dont il est la tête glorifiée), corps vivifié, habité, et gouverné par le Saint-Esprit descendu du ciel ; l’espérance propre de l’Église, savoir la venue du Fils de Dieu des cieux : voilà les vérités qui formaient la substance de ce que les chrétiens dont je parle furent conduits à discerner comme étant les enseignements de la parole de Dieu sur ce sujet. Je ne parle pas de l’œuvre antérieure de Dieu dans les âmes de beaucoup d’entre eux. Ils possédaient, cela va sans dire, la foi commune aux chrétiens quant aux vérités fondamentales. Il y avait, sans doute, une grande mesure de piété personnelle, de renoncement à eux-mêmes et de séparation du monde, avant qu’ils eussent reçu la pleine lumière par la parole de Dieu, quant à ce que sont l’appel, la gloire, la position et les espérances de l’Église. Ce dont je parle, c’est l’effet que cette lumière de la parole de Dieu eut sur leurs âmes, et comment elle se manifesta dans leur marche. Le premier effet fut nécessairement un sentiment profond du contraste complet qu’il y a entre tout ce que l’homme et le monde appellent l’Église et ce qu’elle est réellement, quand on la voit à la lumière des pensées de Dieu. Une profonde humiliation, une profonde tristesse, une confession franche de l’état misérable et affligeant de l’Église furent les fruits de cette lumière ; alors vint l’exercice de la conscience pour savoir s’ils pourraient continuer leurs rapports individuels avec le grand corps professant dans l’une ou l’autre de ces diverses sections — si, en un mot, ce n’était pas là la dénégation pratique de ce qu’est l’Église comme l’Épouse élue et sainte de Christ, séparée du monde pour l’attendre comme sa seule espérance, et connaissant maintenant la présence du Consolateur comme sa seule joie. Ces frères passèrent par de nombreux, pénibles et profonds exercices de cœur, qui se terminèrent cependant par la séparation de plusieurs d’entre eux des divers corps de chrétiens professants ; et par leur réunion pour le culte et la fraction du pain, sur un principe entièrement distinct de celui qui était reçu par les dénominations qui les entouraient. Ce n’était pas qu’ils essayassent de reconstituer l’Église comme Dieu (non pas l’homme) l’avait d’abord constituée. Ils virent (du moins la plupart d’entre eux), que cette prétention serait présomptueuse et aboutirait à quelque chose de pire, que ce qu’ils avaient abandonné. Ayant trouvé un modèle plus élevé qu’auparavant (savoir, les propres pensées de Dieu quant à son Église), pour se juger eux-mêmes, ainsi que les choses qui les entouraient, ils avaient été forcés, par l’opposition de ces pensées avec tout ce qui porte le nom d’Église, de sortir « hors du camp, » précisément comme Moïse sortit hors du camp de Dieu en Israël, parce qu’on y adorait le veau d’or au lieu d’y adorer Dieu. Ainsi ces frères sortirent du camp de l’Église professante, parce qu’il y a dans cette Église une dénégation virtuelle et pratique de la sainteté, de l’unité, de l’appel et des espérances célestes de l’Église ; et se trouvant ainsi l’un l’autre dehors, ces frères dûrent s’en remettre au Dieu vivant pour qu’il leur montrât comment ils devaient agir. Ils ne formèrent point de système, ils ne se firent point de plan. Leur espérance était le prompt retour de Jésus. Ils désiraient être trouvés de lui dans une position telle, « qu’ils ne fussent pas couverts de honte à son arrivée. » Ils virent que la volonté de Dieu et la fin pour laquelle Christ mourut, c’était afin de rassembler les enfants de Dieu qui sont dispersés. Les simples instincts de la vie de Dieu leur firent désirer et sentir la nécessité de la communion des saints, et il plut à Dieu de leur montrer qu’ils n’avaient pas à reconstituer l’Église (ce qui était visiblement impossible), ni à attendre que Dieu la reconstituât sur la terre (ce qu’il n’a nulle part promis de faire) ; mais ils comprirent qu’ils avaient l’autorité de la parole de Dieu pour se réunir, pour le culte et la fraction du pain, ainsi que l’assurance de la présence du Seigneur pour les bénir, et les guider dans leur marche. « Là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis au milieu d’eux. » Dans la foi à cette promesse, ils commencèrent à se réunir, et ils trouvèrent le Seigneur Jésus fidèle à sa parole. Sa présence se manifesta au milieu d’eux et sa force fut rendue parfaite dans leur faiblesse sentie et reconnue.

Il y avait deux choses clairement impliquées dans le principe sur lequel ils étaient réunis : le nom de Christ étant le centre de leur union, ce qu’ils demandaient de ceux qui recherchaient leur communion, c’était la connaissance à salut de ce nom par le pouvoir vivifiant du Saint-Esprit. Ensuite, comme c’était réellement l’intelligence que Dieu leur avait donnée de sa sainteté, et de celle qui convient à sa maison, qui les avait séparés individuellement des corps auxquels ils avaient été attachés, ils avaient, dans la promesse bénie du Seigneur citée plus haut, tout ce qui était nécessaire pour maintenir cette sainteté, même là où deux ou trois seulement sont assemblés en son nom. « Je suis là au milieu d’eux. » Il ne saurait y avoir de moyen plus efficace pour une discipline selon Dieu ; et elle est solennelle, en effet, la sanction que le contexte déclare être attachée à tout acte de discipline, découlant ainsi de la présence du Seigneur au milieu de ses deux et de ses trois. « En vérité je vous dis, que tout ce que vous lierez sur la terre sera lié dans le ciel, et que tout ce que vous délierez sur la terre sera délié dans le ciel. » L’extrait suivant du « Christian Witness » du mois d’Avril 1835, p. p. 137-138, montrera ce qu’étaient alors les vues des frères sur ce sujet :

« Ainsi dans les plus mauvaises circonstances possibles, deux choses sont assurées aux enfants de Dieu : Force et consolation dans sa présence, et le droit de regarder comme un païen et un péager tout homme qui déshonore sa profession et qui blasphème le saint nom par lequel il est appelé. Les enfants du Seigneur peuvent toujours agir ; s’ils sont à lui, ils ont son Esprit, et dans cet Esprit ils peuvent juger tout frère et s’éloigner de celui qui, après répréhension, continue cependant à marcher dans le désordre. De sorte que la joie de ses adorateurs et la pureté de son culte sont garanties à son faible résidu par cette parole de notre gracieux et bien-aimé Seigneur. Le principe bien simple est que le Seigneur ne pourrait jamais vouloir obliger son peuple à pécher. »

Je trouve que cet extrait est un témoignage important dans ce moment-ci, où il y en a plusieurs qui nient que les frères aient jamais reconnu aucun pouvoir ou aucune capacité pour l’exercice de la discipline dans la position qu’ils occupent.

Pendant un temps la bénédiction de Dieu reposa évidemment sur les frères qui commencèrent ainsi à se réunir. Le témoignage de l’Évangile s’étendit en divers lieux, bien des âmes furent amenées à la connaissance du Seigneur ; l’attention des chrétiens fut aussi puissamment éveillée, et le nombre de ceux qui se réunissaient au nom du Seigneur Jésus fut considérablement augmenté. Les hommes marquants des diverses dénominations chrétiennes firent beaucoup d’opposition, mais cela ne fit qu’augmenter l’attention des chrétiens sur ce que Dieu faisait, et confirmer dans leur position de séparation et de simple dépendance de Dieu ceux qui avaient été amenés là par sa grâce. Mais par la suite il devint évident que plusieurs avaient été attirés dans cette position par d’autres motifs que ceux qui avaient dirigé les frères qui la prirent dans l’origine. Attirés par la manifestation d’amour et d’union dont ils étaient témoins, ou trouvant plus de joie et de rafraîchissement sous le ministère que Dieu avait suscité parmi les frères, qu’ils n’en trouvaient ailleurs, ils prirent extérieurement une position dont ils n’avaient jamais réellement compris la nature par l’enseignement de l’Esprit de Dieu. Ils préféraient être parmi les frères, non parce qu’ils avaient passé par les exercices de cœur, qui, dans l’origine, avaient fait sortir les frères hors des différentes sectes pour se réunir simplement au nom du Seigneur Jésus, et sous la dépendance de l’Esprit de Dieu seul, mais simplement comme des gens qui préféraient une dénomination à une autre, choisissant celle où tous étaient heureux et bénis et où le ministère était tel qu’ils l’approuvaient, sans jamais se préoccuper d’autre chose. D’autre part, comme dans la première introduction du royaume des cieux, « pendant que les hommes dormaient, l’ennemi sema de l’ivraie, » là où la bonne semence avait été déposée, ainsi en a-t-il été dans le cas qui nous occupe. Il paraît que déjà de très bonne heure des éléments du mal furent introduits par l’ennemi ; se manifestant d’abord très-lentement et très insensiblement, mais à la fin revêtant une netteté et opérant avec une énergie qui ne permettaient pas de douter d’où ces principes venaient et à quoi ils tendaient. Un homme, en particulier, M. Newton de Plymouth, qui, s’il ne fut pas un des premiers ouvriers dans cette ville, y vint dans les commencements, se mit de très bonne heure à suivre une marche distincte de celle des autres frères. Vous pouvez voir ce point traité, dès son origine, dans le « Récit des faits, » par J.-N. Darby. Il suffit de dire ici que la marche de M. N. fut telle que tous les frères qui avaient d’abord travaillé à Plymouth quittèrent cette ville pour travailler ailleurs : M. Darby partit pour l’étranger, le capitaine Hall se rendit à Hereford, M. Wigram à Londres, M. Campbell à Exeter, et M. Newton fut laissé presque seul à Plymouth. Un bien cher frère, M. Harris, qui n’avait pas été du premier mouvement des frères, travailla avec M. N. à Plymouth et sa présence fut, pendant plusieurs années, la seule chose qui fit espérer aux frères d’autres endroits que la marche de M. N. se trouvait combattue. Toutefois dès les commencements du trouble actuel, M. Harris se retira de toute association avec M. N. et ceux qui étaient identifiés avec lui. Le système introduit par M. N. et très-artificieusement déguisé pendant quelque temps, tendait à ruiner toute la vérité par laquelle Dieu avait agi sur les âmes des frères, et à rétablir ainsi, sous une autre forme, tout ce à quoi on avait renoncé. La venue du Seigneur, comme objet d’espérance ou d’attente actuelle, fut niée, et on remplaça cette attente par une série d’événements dont plusieurs ne sont nulle part prédits dans l’Écriture, et n’existent que dans l’imagination de M. N. ; l’unité réelle de l’Église, comme un seul corps habité et gouverné par le Saint-Esprit, fut niée, et à la place on soutenait la doctrine d’une espèce d’assemblées indépendantes, si indépendantes, en effet, que lorsque la division eut lieu à Plymouth et que des frères pieux et expérimentés d’Exeter, de Londres et d’autres endroits s’y rendirent pour aider les frères de leurs conseils, M. N. et son parti rejetèrent péremptoirement leur secours sous prétexte qu’ils n’étaient pas de Plymouth et qu’ils n’avaient aucun droit d’intervenir. (Voyez la lettre de M. A. Campbell aux saints d’Ebrington Street.) À la présence et à l’autorité souveraine du Saint-Esprit dans l’Église, fut substituée l’autorité des docteurs, et l’autorité réclamée pour eux et par eux était si absolue que, quand M. N. fut accusé de manque de véracité et qu’on demanda que l’accusation fût examinée devant tout le corps des croyants, cette demande fut constamment repoussée, sous prétexte qu’il ne pouvait être jugé que par les docteurs et les conducteurs qui agissaient avec lui, et comme ceux-ci l’acquittaient il n’y avait pas d’autre appel, et point de remède. En outre tout ministère de la Parole et même toute participation à haute vois dans le culte public étaient absorbés d’une manière constante et systématique et placés entre les mains de deux ou trois, les autres étant exclus complétement par un moyen ou par un autre. Voyez, sur ce point, la Lettre de M. Willians, intitulée « Remarques etc. » Ensuite il y avait des efforts zélés et infatigables pour former un parti, qui fût distingué par les vues de M. N. sur la prophétie et sur l’ordre de l’Église, et que ses auteurs appelaient prétentieusement « la vérité » ; et on trouva moyen de tenir éloignés de Plymouth tous les frères dont les vues étaient connues pour être contraires à celles-là. Tels sont les traits caractéristiques du système qui s’éleva silencieusement à Plymouth ; et j’en connaissais parfaitement l’existence, ainsi que la douleur qu’en éprouvaient plusieurs frères, dès le moment où je me joignis aux frères, il y a 6 à 7 ans. Des principes plus mauvais encore que tous ceux-là devaient se développer. Mais le temps de leur manifestation n’arriva que lorsque l’énergie de l’Esprit de Dieu fut introduite par le ministère de M. Darby. Depuis longtemps, ainsi que d’autres frères, il observait avec douleur et appréhension la marche des choses à Plymouth ; cependant pas une main ne se levait pour arrêter les progrès du mal. Enfin M. Darby arriva du continent, et après avoir passé plusieurs mois à Plymouth, travaillant dans l’assemblée et faisant tout ce qu’il pouvait faire pour réveiller la conscience des frères, il fut obligé, afin de conserver lui même une conscience nette, de se retirer de l’assemblée. Il agit ainsi par le motif que Dieu était de fait mis de côté et l’homme élevé à sa place, et aussi parce qu’il y avait un mal toléré dans l’assemblée, sans aucun moyen de le soumettre au jugement des saints. Plusieurs frères ayant demandé à M. Darby d’expliquer les motifs de sa séparation, il y consentit ; en le faisant il accusa M. Newton d’avoir agi avec déloyauté en deux occasions différentes. Le résultat de toutes ces explications fut qu’un certain nombre de frères de divers lieux se rendirent à Plymouth. Quelques-uns d’entre eux étaient de zélés partisans de M. N. et d’autres n’avaient point formé de jugement sur l’affaire dont ils allaient s’enquérir. Comme je l’ai déjà dit, leur intervention fut formellement refusée par M. N. et par ses amis, et il ne voulut consentir à aucun examen des charges qui pesaient sur lui, si ce n’est sur le principe mondain de l’arbitrage, lui, désignant quatre de ses amis, et M. Darby quatre des siens. M. Darby sentit que ce serait là ôter la cause des mains de Dieu et de son Église, aussi bien que se faire le chef d’un parti. Il refusa par conséquent cette proposition en offrant en même temps de voir M. Newton devant toute l’assemblée ou, s’il le préférait, devant un certain nombre des frères les plus graves et les plus expérimentés, ou encore devant certains frères au nombre de 15, déjà réunis une fois, et devant lesquels s’étaient passés les faits sur lesquels étaient fondées les accusations. M. N. ne voulut consentir à aucune de ces propositions. Ses associés conducteurs à Plymouth l’acquittèrent, quoique l’un d’eux fût distinctement impliqué dans l’une des accusations, et ils étaient tous identifiés avec lui et remplis de zèle pour l’aider dans la marche qu’il suivait.

M. N. et ses amis ne voulurent pas consentir à soumettre la chose à aucun autre tribunal (la proposition d’arbitrage ayant été naturellement refusée par M. Darby), et par conséquent une séparation devint inévitable. M. Harris avait cessé son ministère parmi eux depuis quelque temps. Et dans la suite il se retira définitivement de leur communion. Quelques centaines de frères se retirèrent et commencèrent à rompre le pain à Raleigh Street, et c’est ainsi que la division fut consommée à Plymouth. Au premier moment l’acte de M. Darby fut presque partout jugé par les frères comme un acte téméraire et prématuré. Ils n’avaient pas été sur les lieux et ne connaissaient ainsi que peu le système qui avait été introduit. Plusieurs de ceux qui se rendirent à Plymouth, trouvèrent les choses tellement plus mauvaises qu’ils n’en avaient l’idée, qu’eux aussi se séparèrent de M. N. et de son parti. Une chose qui parait avoir eu beaucoup de poids pour ces frères, c’était la corruption de l’intégrité morale, et le système d’intrigue et de déception qui se rattachait au mal.

Au mois d’Avril 1846, une assemblée de frères de divers lieux se tint à Londres pour la prière et l’humiliation en commun ; les marques de la présence du Seigneur nous y furent accordées, et depuis ce temps les yeux des frères semblèrent s’ouvrir sur le mal. M. N. et ses amis furent invités à cette réunion, mais ils refusèrent d’y assister. Ils imprimèrent les raisons de ce refus et les firent répandre partout. Le « Récit des faits » par M. Darby fut imprimé bientôt après, et dans l’automne de cette même année, une série de réunions furent tenues à Rawstorne-Street à Londres ; elles furent très-importantes par leur origine, leur caractère et leurs résultats. Elles furent motivées par une visite que fit M. N. à certains frères qui rompaient le pain à Rawstorne-Street. M. N. tint des réunions de lecture de l’Écriture dans la maison de l’un d’entre eux, après lesquelles il dit que son but en venant à Londres était en partie de voir tous les frères qui étaient désireux d’avoir les renseignements quant aux accusations portées contre lui par M. Darby dans son « Récit des faits ». Très-providentiellement M. Darby se trouvait encore à Londres ; il y était venu en route pour la France, avait pris son passeport, changé son argent et était prêt à partir, quand des frères se rendirent chez lui pour le retenir jusqu’à ce qu’on eût fait des efforts pour amener une investigation ouverte sur toute l’affaire, en mettant l’accusé et l’accusateur face à face. Les frères auxquels M. N. avait offert de donner des renseignements lui proposèrent cette investigation ouverte, elle lui fut proposée à diverses reprises par d’autres frères, mais elle fut constamment et invariablement refusée. Alors les frères de Rawstorne-Street se réunirent, et après avoir prié et s’être consultés, ils conclurent que M. N. ne pouvait pas être admis à la table du Seigneur, aussi longtemps qu’il refuserait de satisfaire leur conscience quant aux graves accusations portées contre lui.

Trois documents, provenant de M. N. et de son parti, se rapportent à ces événements ; l’un écrit par M. Newton lui-même, en réponse aux accusations de mensonge ; un autre par ses quatre coadjuteurs à Plymouth, expliquant les raisons pour lesquelles M. N. n’avait pas voulu se présenter à la réunion de Rawstorne-Street pour satisfaire la conscience des saints de cette assemblée ; puis, une remontrance adressée par les conducteurs de Plymouth aux frères de Rawstorne-Street, sur leur exclusion de M. N. de la table du Seigneur. Tous ces écrits furent longuement examinés dans quatre traités intitulés : « Récits des actes de Rawstorne-Street en novembre et décembre 1846. » Ces quatre traités sont très-importants comme développant la déloyauté liée au système que défendaient les trois documents cités ci-dessus. Les actes de Rawstorne-Street et les publications auxquelles ils avaient donné lieu éclairèrent les âmes de plusieurs, et en février 1847, on tint une assemblée en cet endroit où assistèrent plusieurs frères du dehors et dans laquelle presque tous ceux qui avaient été un peu considérés parmi les frères, donnèrent leur témoignage solennel quant au mauvais système qui s’était élevé Plymouth et quant à la nécessité de s’en séparer entièrement et absolument. L’un d’eux, M. A. Campbell, dit « qu’il pourrait aussi bien s’associer avec les fornicateurs de ce monde qu’avec les conducteurs d’Ebrington-Street à Plymouth. » Les témoignages de MM. Macadam, Harris, Lean, Hall, Young et autres furent également solennels et décisifs. Il n’y eut presque pas de frères dont les noms fussent connus parmi les saints, comme travaillant dans la Parole et veillant pour les âmes, qui n’acquiesçassent pas dans ce moment à la douloureuse nécessité de se séparer de ce système mauvais et démoralisant.

Maintenant nous arrivons à une nouvelle époque de cette lamentable histoire. Jusqu’ici le mal s’était borné au renversement de toutes les vérités qui, par la grâce du Seigneur, avaient été remises en lumière parmi les frères ; à l’établissement, dans une mesure alarmante, des prétentions et du pouvoir cléricaux ; à des efforts pour former un parti tendant à ces fins par des moyens indiquant la perte complète de l’intégrité morale de la part de ceux qui les employaient, et très-propres à corrompre les autres par leurs effets sur eux : mais maintenant nous verrons attaquer les fondements de la foi par l’introduction de fausses doctrines concernant le Seigneur lui-même. On savait que des choses étranges avaient été enseignées antérieurement. Dans ses « Pensées sur l’Apocalypse », M. N. avait enseigné l’étonnante doctrine que, dans la gloire future, les saints participeront à la toute science et à la présence en tout lieu du Seigneur lui-même. D’autres idées également étranges avaient été mises en avant sur d’autres sujets, mais ce ne fut qu’après l’assemblée de Londres en février 1847, que se produisit l’enseignement systématique et actif de doctrines qui minent tout ce qui est essentiel au christianisme.

Ces doctrines furent d’abord dévoilées par M. Harris ; il publia un traité, intitulé : « Examen d’une méditation sur les souffrances de Christ, telles qu’elles sont exposées dans le Psaume VI, » par J.-L. Harris. La méditation, dont les notes furent ainsi examinées et imprimées par M. Harris, était de M. Newton. M. Harris raconte ainsi la manière dont il devint possesseur de ces notes, ce qui l’engagea à les publier avec des observations.

« Je désire, dit-il, faire connaître sans réserve comment le manuscrit est venu à ma connaissance. Il y a environ trois semaines, l’une de nos sœurs d’Exeter prêta très-obligeamment ces notes à ma femme, comme étant l’enseignement de M. N., en lui disant qu’elle y avait trouvé beaucoup d’intérêt et de profit. Au premier abord, lorsque ma femme me dit ce qu’elle avait apporté à la maison, je n’y fis pas grande attention ; mais bientôt après, je sentis que je ne faisais pas bien de sanctionner dans ma maison ce système de circulation clandestine, et je me déterminai à renvoyer le manuscrit sans le lire. En conséquence j’écrivis un billet à la sœur qui avait prêté le manuscrit, la remerciant de sa bonté et lui expliquant pourquoi je le renvoyais sans le lire. Il était tard lorsque j’eus fini d’écrire, et en attendant j’appris que ma femme avait parcouru le manuscrit, de manière à se faire une idée de ce qu’il contenait. Elle m’en parla, et particulièrement de cette expression : « Que la croix était seulement l’incident final de la vie de Christ. » Elle croyait qu’elle ne comprenait pas la pensée de l’auteur, et elle s’adressait à moi, pour la lui expliquer. Alors je lus le manuscrit et en l’examinant je me sentis surpris et frappé d’horreur en voyant des enseignements si contraires à l’Écriture, et une doctrine qui paraissait toucher à l’intégrité de la doctrine de la croix. La loi du pays a fait un crime de la non-révélation, crime qui encourt des peines sévères : c’est lorsque quelqu’un a connaissance d’un acte de trahison et qu’il n’en donne pas avis. Dans ce cas-ci j’estime que la doctrine enseignée est propre à ruiner la gloire de la croix de Christ, et à pervertir les âmes ; et il me semble que c’est un devoir envers Christ et envers les saints de faire connaître ouvertement cette doctrine. Le manuscrit s’annonce comme étant des notes d’une méditation… publique, je suppose. Avec ces notes sur le Psaume VI, on donnait, comme devant les accompagner, des notes sur Ésaïe XIII et XIV, si je m’en souviens bien, avec cette indication : Ceci doit aller avec le Psaume VI, ou quelque chose de pareil, de sorte qu’il semble, d’après ce titre, que les manuscrits circulaient parmi un petit nombre d’initiés, dans diverses parties de l’Angleterre, comme des livres dans une société de lecture. »

Les doctrines de cette méditation sur le Psaume VI par M. N. ne pourront être mieux énoncées que dans ses propres paroles. En parlant de Christ il dit, page 7 : « Souffrir ici-bas parce qu’on sert Dieu, c’est une chose ; mais la relation dans laquelle une personne se trouve avec Dieu, et ce qu’elle reçoit immédiatement de sa main pendant qu’elle le sert, c’est une autre chose, et c’est ce que ce Psaume VI et plusieurs autres nous font voir. Ils montrent la main de Dieu étendue et frappant en sa colère et châtiant en son courroux. Et souvenons-nous que ceci n’est pas la scène de la croix. » Il dit à la même page : « que la scène de la croix fut seulement un des incidents de la vie de Christ. » C’était seulement l’incident final de sa longue vie de souffrance et de douleurs, « de sorte que fixer nos yeux simplement sur cela, serait peu connaître quel fut le caractère de ses souffrances réelles. » Après avoir dit : « Je ne fais pas allusion à ce que furent ses souffrances de substitut, mais à celles qu’il éprouva comme participant aux circonstances, à la malédiction et à la misère de la famille humaine, et non-seulement de la famille humaine en général, mais d’une portion spéciale de cette famille, celle d’Israël, » — il continue à parler de la malédiction qui est tombée sur les Juifs, et il ajoute : « Ainsi Jésus fit partie d’un peuple maudit, d’un peuple qui avait mérité la colère de Dieu à cause de ses transgressions réitérées, » et encore : « Jésus fut exposé à la colère de Dieu depuis le moment où il entra dans le monde. » Et encore : « Observez qu’il s’agit de châtiment en colère : non pas de ce qui arrive maintenant à l’enfant de Dieu qui n’est jamais soumis à la colère, mais d’un châtiment infligé dans la colère de Dieu et auquel Jésus était soumis parce qu’il faisait partie d’un peuple maudit. Ainsi la main de Dieu était continuellement étendue contre lui de différentes manières. » M. N. représente notre Seigneur comme ayant été délivré en partie de cette terrible condition à son baptême par Jean ; je dis en partie, car ailleurs il affirme distinctement qu’il ne sortit entièrement de cet état que par la mort. Sa vie, pendant trente ans, fut remplie plus ou moins par des expériences de cette nature, de sorte que ce dut être un grand soulagement pour lui, que d’entendre la voix de Jean Baptiste, disant : « Repentez-vous ; car le royaume des cieux est proche. » Voilà donc une porte ouverte pour Israël. Ils pouvaient venir et être pardonnés. Aussi Jésus fut-il heureux d’entendre cette parole, il l’écouta d’une oreille sage et attentive, et il vint pour être baptisé, parce qu’il était un avec Israël, et dans la condition d’Israël, c’est-à-dire sous la colère de Dieu ; par conséquent quand il fut baptisé, il prit une nouvelle position ; mais Israël refusa de la prendre, etc.

Telles étaient les doctrines de M. Newton. Leur exposition par M. Harris, jeta une alarme générale parmi ceux qui avaient été associés avec l’auteur, et celui-ci, voyant qu’il fallait faire quelque chose, publia deux traités dans lesquels il ne désavoua pas la méditation ni la doctrine qui y était renfermée, mais où il l’exposa plus longuement, quoique sous une forme moins palpable et moins choquante, et ensuite il la défendit et la maintint.

Il paraît que longtemps avant, un des écrits de M. N., contenant le germe de cette doctrine, avait été inséré dans le « Christian Witness. » M. N. et d’autres firent valoir ce fait pour justifier sa marche subséquente. On disait qu’il avait exposé la doctrine ouvertement dans une publication généralement lue par les frères, et rédigée par M. Harris, et que ni lui ni eux n’y avaient découvert aucune erreur jusqu’à ce que des circonstances différentes leur fissent adopter une nouvelle manière de juger ; mais les faits, hélas ! tout en montrant clairement depuis combien de temps M. N. soutenait ou inclinait à adopter ses vues actuelles, n’offraient pas un palliatif réel au mal. En premier lieu, il s’était soigneusement abstenu dans le Witness, de ce qui constitue le mal principal de ses vues actuelles. Dans le Witness, il affirmait fortement que les souffrances de Christ dont il parle étaient encourues par substitution ; mais dans son traité : « Remarques sur les souffrances de Christ, » il définit les souffrances dont il parle, spécialement comme étant des souffrances qu’il endurait parce qu’il était homme, parce qu’il était Israélite, et qui ne peuvent par conséquent être restreintes (les italiques sont de M. Newton) aux années de son ministère public, mais qui doivent s’entendre de toute la période durant laquelle il dut sentir, sous la main de Dieu, la condition dans laquelle l’homme était tombé, et plus encore, celle dans laquelle Israël était tombé aux yeux de Dieu. Il distingue soigneusement ces souffrances (dans une note placée à la page 2) de celles qu’il endura par substitution : « Ces dernières, dit-il, commencèrent à la croix. » Or ceci fait toute la différence possible. Je regretterais d’entendre dire à quelqu’un que notre précieux Sauveur endura le courroux de Dieu, même par substitution, tout le temps de sa vie ; ce serait une erreur, et une erreur sérieuse que d’affirmer même cela. Toutefois cette erreur ne renverserait pas si complétement les fondements de notre foi ; mais affirmer que l’ardente colère de Dieu reposa sur Jésus d’un bout de sa vie à l’autre, non par substitution, mais « parce qu’il était Israélite, » voilà ce qui renverse la foi ; parce que si, comme homme et comme Israélite, il fut soumis à cette colère, comment aurait-il pu l’endurer volontairement pour d’autres sur la croix ? En second lieu, les remarques en question ne furent pas insérées dans la première édition du Christian Witness, rédigée par M. Harris et généralement lue par les frères ; mais elles furent ajoutées dans une seconde édition publiée au dépôt de traités, à Plymouth, dépôt qui est sous le contrôle de M. Newton.

Mais je dois continuer mon récit. M. Darby répondit aux deux traités de M. Newton. Sa brochure intitulée : « Observations de J.-N. Darby sur un traité intitulé : Remarques sur les souffrances du Seigneur Jésus, » est très précieuse et digne d’être étudiée par toute âme désireuse de connaître cette solennelle question sous toutes ses faces. M. Darby imprima une autre brochure présentant également, dans de nombreux extraits des écrits de M. N., les preuves de ce que sont réellement ses doctrines sur ce sujet. L’effet de tout ceci fut, par la grande miséricorde de Dieu, que plusieurs des amis de M. Newton, qui avaient les yeux sur l’épouvantable précipice jusqu’au bord duquel ils l’avaient suivi. Ils pressèrent M. N. de confesser son erreur, et il y consentit dans ce sens qu’il publia un écrit daté de Plymouth, 26 novembre 1847, et intitulé : « Déclaration et aveu relativement à certaines erreurs de doctrines. » Je me souviens bien de l’effet produit sur mon esprit par un extrait de cet écrit qui me fut envoyé et que voici :

« Je ne voudrais pas qu’on supposât que ce que je dis ici ait pour but d’atténuer l’erreur que j’ai confessée. Je désire la reconnaître pleinement, et la reconnaître comme un péché ; c’est mon désir de la confesser ainsi devant Dieu et devant son Église ; et je voudrais que ceci fût considéré comme l’expression de ma douleur profonde et sincère, particulièrement par ceux qui ont pu être affligés par cette exposition erronée ou par ses conséquences ou qui en ont reçu du mal. J’ai confiance, que non-seulement le Seigneur me pardonnera, mais encore qu’il détruira dans sa bonté tous les mauvais effets qui ont pu en résulter pour qui que ce soit. — B-W. Newton.

Supposant naturellement que l’erreur confessée était l’erreur contenue dans ses derniers traités, mon âme était prosternée devant Dieu en actions de grâces pour l’état humble et repentant que cet extrait semblait indiquer chez l’écrivain. Jugez de ma surprise et de ma douleur, lorsque je reçus l’écrit lui-même, en trouvant que l’extrait ci-dessus est presque le seul mot de confession contenu dans les 7 pages dont se compose cet écrit ! Et l’erreur confessée n’est pas celle de la doctrine déjà exposée, doctrine enseignée dans les Notes de la méditation et dans les deux traités qui avaient suivi ; non, il retire seulement ceux-ci pour les examiner de nouveau ! Et l’erreur qu’il confesse est une erreur contenue dans son article du Christian Witness : savoir, d’attribuer les souffrances que dut endurer le Seigneur, à sa relation avec Adam, comme tête fédérale ! C’est là l’erreur qu’il rétracte, et sauf le paragraphe cité plus haut, ce traité n’est guère qu’une atténuation et une excuse. Cependant ceux des amis de M. Newton, dont les consciences étaient réellement réveillées par l’Esprit de Dieu, ne pouvaient pas être satisfaits d’une confession pareille. Une assemblée eut lieu à Ebrington-Street, dans laquelle MM. Soltau et Batten firent une pleine confession, et comme plusieurs étaient plutôt disposés à se justifier qu’à confesser leur erreur, ces messieurs se retirèrent de l’assemblée, et bientôt après ils publièrent des confessions que j’ai maintenant sous les yeux, et je suis sûr que ces bien-aimés frères m’excuseront, si j’en donne des extraits pour montrer ce que sont les doctrines en question, car personne ne saurait faire voir ce qu’elles sont comme ceux qui y ont été enlacés. Voici les paroles de M. Batten :

« Ces doctrines ou ces enseignements peuvent être exposés comme renfermant :

« 1° Que le Seigneur Jésus à sa naissance, et parce qu’il naquit d’une femme, participait à certaines conséquences de la chute : la mortalité étant une de ces conséquences, et que, à cause de cette association par nature, il se trouvait être héritier de la mort, né sous la mort comme peine.

« 2° Que le Seigneur Jésus à sa naissance se trouvait dans une telle relation avec Adam, comme tête fédérale, que la culpabilité lui était imputée et qu’il était exposé à certaines conséquences de cette imputation, comme on le voit dans Romains V.

« 3° Que le Seigneur était né aussi comme Juif sous la loi violée, et que Dieu le considérait comme se trouvant dans cette relation vis-à-vis de lui, et que Dieu faisait peser sur son âme les terreurs du Sinaï, comme une chose due à quelqu’un qui est dans cette relation.

« 4° Que le Seigneur Jésus prit une place d’éloignement vis-à-vis de Dieu, telle que doit la prendre une personne ainsi née et se trouvant dans de semblables relations ; et qu’il a dû retourner à Dieu par un chemin dans lequel Dieu pût à la fin se rencontrer avec lui et le reconnaître.

« 5° Que cet éloignement était si affreux, ces relations de naissance si réelles, et les peines qui en résultaient, savoir, la mort, la colère et la malédiction, si positives, que jusqu’à sa délivrance il est dit que Dieu l’a repris et châtié, et cela dans sa colère et dans son ardent courroux.

« 6° Que, à cause de ces châtiments de la part de Dieu et des souffrances de Christ sous cette discipline, le langage des Lamentations III, des Psaumes VI, XXXVIII, LXXXVIII, etc., ont été considérés comme le langage du Seigneur Jésus pendant qu’il était sous le poids accablant de la main de Dieu.

« 7° Que le Seigneur se dégagea lui-même de ces châtiments en gardant la loi, et qu’au baptême de Jean la différence dans les sentiments et l’expérience de Christ, résultant de ce changement de position, fut assez grande pour fournir la comparaison de la différence entre le mont de Sinaï et le mont de Sion, ou entre la loi et la grâce.

« 8° Qu’outre toutes ces relations où Christ se trouvait par naissance, ces peines et ces châtiments qui en étaient la conséquence, et ses souffrances sous la main accablante de Dieu, on a affirmé encore que Christ avait l’expérience d’un Juif inconverti quoique élu. »

Après avoir donné ce sommaire des doctrines qu’il avait soutenues et enseignées lui-même, M. Batten continue ainsi :

« Je pense, bien-aimés frères et sœurs, en écrivant cette esquisse de doctrines, que c’en devrait être assez pour vous donner l’éveil et vous alarmer, et vous donner une connaissance suffisante de ce système d’enseignement, pour vous conduire à demander quel charme a pu nous avoir aveuglés au point de nous la faire recevoir tranquillement ; au point d’en conduire plusieurs, non-seulement à se nourrir de ce système, mais encore à le faire circuler et à le recommander aux autres, au point d’en engager quelques-uns à le défendre toutes les fois qu’il était attaqué ou menacé. Ce serait là, je le répète, une question très-convenable, et que chacun de nous pourrait mettre sur sa propre conscience devant Dieu ; et je ne doute pas qu’une prompte réponse ne fût accordée selon notre foi individuelle et notre connaissance de Dieu ; quoi qu’il en soit je n’hésite pas à déclarer quant à moi, que j’étais aveuglé ; et je suis tout aussi prêt à avouer mon opinion quant à la source de cette influence funeste, quelque pénible et humiliant qu’il soit pour moi de le faire. »

Les mauvais effets du système de doctrines dont il avait été ainsi miséricordieusement délivré, M. B. les fait ressortir d’une manière bien sérieuse dans les paragraphes suivants :

« Je dirai donc : « 1° Que si Christ prit en naissant, et par la naissance, certaines conséquences du péché d’Adam, telle que la mortalité ; et que si par la naissance il se trouvait vis-à-vis de Dieu dans la relation d’Israël sous la loi violée, et que s’il prit comme conséquence la place d’éloignement de Dieu et eut les expériences d’un homme inconverti, il était vraiment bien nécessaire qu’il travaillât à rebrousser chemin vers Dieu, afin de trouver quelque point où Dieu pût le rencontrer.

« 2° Que si les peines, les reproches et les châtiments qui accompagnent cet état, et qui sont dûs à une personne dans cette position, sont réellement tombés sur Christ, bien plus, si Dieu les fit peser sur son âme selon son pouvoir et sa sainteté, il était certes assez nécessaire qu’il cherchât à se dégager lui-même et à trouver la porte de la délivrance.

« Ce résumé de la position de Christ devant Dieu, à sa naissance, et des terribles expériences, des souffrances affreuses d’âme et de corps que Dieu lui infligeait à cause de cette position, je vous le présente solennellement comme renfermant les incapacités de Christ pour devenir notre sûreté, notre sacrifice, notre sauveur, car il eut, dans ce cas, à se tirer d’affaire lui-même. Il eut à s’affranchir lui-même de cet état d’éloignement, et de ces terribles jugements, quelque pure que fût sa personne, et qu’on déclare qu’elle l’était ; cependant, à cause de ces relations qu’il prit à sa naissance, comme il a été dit, c’était même une question de savoir s’il pourrait se délivrer lui-même et être avoué de Dieu. Cependant cette question fut résolue quant à ce qui regarde sa propre acceptation, par son observation de la loi et son obéissance jusqu’à la mort ; mais, hélas ! tout cela était dû de sa part à Dieu, dû à la loi, parce qu’il était né sous sa malédiction ; dû pour lui-même, pour sa propre délivrance ; tout ce qu’il pouvait donner jusqu’au dernier moment de sa vie, tout ce qu’il pouvait offrir dans la mort, tout cela était nécessaire pour lui-même et pour sa propre délivrance !… mais alors que devient la doctrine bénie de la grâce ? Que devient le glorieux Évangile du salut de Dieu ? Que devient l’Église ? Que devenons-nous individuellement ? Nous avons perdu Christ ? »

La confession que publia M. Soltau était plus brève, mais également humble et explicite. Telle fut aussi celle de M. Dyer ; et il serait bon que tous ceux qui désirent connaître pleinement la nature de la question qui est maintenant devant les frères, lussent et pesassent sérieusement et avec prière ces documents remarquables. Ils ne laissèrent pas que de produire leur effet à l’époque de leur publication, car plusieurs autres personnes se retirèrent de Ebrington-Street et furent bientôt reçues de nouveau dans la communion des frères à Raleigh-Street et ailleurs ; quelque temps après Ebrington-Street cessa d’être occupée par M. Newton et son parti, et dès lors ils se sont assemblés dans un plus petit local à Compton-Street. Quelques mois après que M. Newton eut retiré ses traités hérétiques pour les examiner de nouveau, il en publia un autre intitulé : « Lettres sur des sujets relatifs à l’humanité du Seigneur. » Ce traité confirme les doctrines énoncées dans ceux que M. N. avait retirés, et en fait de confession, l’auteur s’accuse de « négligence » et d’avoir mal employé certains termes théologiques.

Il faut que les frères m’excusent si je dis que c’est le comble de la folie, ou quelque chose de pire encore, que de citer ce traité comme exposant correctement les doctrines de M. N. Dans l’origine on voit paraître des notes et une méditation, dans lesquelles la doctrine découle librement des lèvres de l’auteur sans réserve et sans déguisement ; voyant combien est grande l’indignation qu’elle produit, il publie, comme exposition de ses vues, un traité écrit avec plus de précaution que la méditation ; mais pourtant assez clair encore, et un autre défendant ses vues contre les accusations de ses adversaires ; voyant ses propres amis prêts à l’abandonner, il confesse son erreur sur un point et retire les traités pour les examiner de nouveau. Le fruit de cet examen est une nouvelle publication sur la doctrine, mais après des mois d’étude consacrés à ce sujet, qui peut s’étonner que la forme sous laquelle elle parait, soit aussi irréprochable que possible ? Un esprit pénétrant qui a consacré des mois d’étude à faire l’exposé de cette doctrine malfaisante dans des termes aussi inoffensifs et en apparence aussi irrépréhensibles que possible, tandis que cette doctrine est néanmoins maintenue et affirmée aussi fortement que jamais, – devait produire précisément un traité comme celui de M. N. ; mais qui voudrait s’y fier ? Maintient-il les doctrines qu’il maintenait quand il écrivit ses premiers traités. Oui, indubitablement. Donc ce sont ces traités-là qui nous apprendront ce que sont ces doctrines ; ou plutôt cherchons-les dans les notes de sa méditation, écrites avant tous ces traités et dans lesquelles il exprime, sans aucune idée de réserve ou de déguisement, ce qui était dans son âme.

Mais il est un autre point sur lequel je dois attirer l’attention, avant de parler du rapport qu’il y a entre Béthesda et tout ce qui précède. Dans le mois de mai 1848, il y eut une réunion à Bath, où se trouvaient environ cent frères de diverses localités, et ce qui s’y passa de plus remarquable, ce fut 1° que plusieurs frères qui avaient été délivrés des erreurs de doctrine de M. Newton et dont les confessions ont été mentionnées plus haut, firent une nouvelle et plus ample confession quant à la part qui leur revenait des accusations portées contre le système mensonger et immoral d’Ebrington-Street, selon qu’il a été mis au jour dans le « Récit des faits » et le « Récit des procédés de Rawstorne-Street. » Ils reconnurent que ces accusations étaient justes. Il y en eut un, au moins, de ceux qui avaient signé les « Documents de Plymouth », dont nous avons parlé page 13, qui confessa que l’on pouvait, à juste titre, accuser ces documents de tromperie et de fausseté. Ce n’est pas, le Seigneur le sait, comme prenant plaisir au mal, ni comme me complaisant à publier les péchés de mes frères, que je dis ces choses. Je suis seulement étonné de voir la grâce qui leur a été accordée, pour leur faire reconnaître si humblement ce en quoi ils avaient manqué ; mais j’en parle parce qu’il est de toute importance de se souvenir que la fausse doctrine n’est pas la seule chose en question. Il y avait une séparation, et une solennelle nécessité pour cette séparation, avant que la mauvaise doctrine vint à la lumière ; et ce qui fut rendu clair pour les plus simples par les impressions de ces chers frères à la réunion de Bath, c’est non-seulement que les doctrines devaient être répudiées, mais qu’il fallait se mettre en garde contre le système de tromperie et de déception qui avait précédé la production ouverte des doctrines. Cependant, Dieu en soit béni, et le système et les doctrines furent formellement confessés et aussi formellement abandonnés par de chers frères qui y avaient été très-profondément enlacés. Que ce triomphe de la grâce restauratrice de notre Dieu et Père soit notre consolation maintenant, et notre encouragement à rechercher de nouvelles manifestations du bras puissant de son amour.

2°. Un autre trait remarquable de l’assemblée de Bath, fut que le « Récit des faits » et d’autres publications de M. Darby sur ces déplorables événements furent soumis, par cette assemblée, à l’examen le plus sévère. Lord Congleton s’efforça, pendant cinq heures, de prouver qu’ils étaient faux, et M. Nelson d’Edimbourg l’aida dans ses efforts. Il en résulta que les faits exposés dans ces brochures, furent si bien établis, que quelques frères qui s’en étaient toujours défiés, déclarèrent qu’ils n’avaient jamais rien vu de mieux démontré. M. Robert Howard, de Tottenham, et M. Jukes de Hull, qui étaient présents à l’assemblée, m’assurèrent, l’un et l’autre, que rien ne pouvait surpasser la manière triomphante dont ces publications avaient été justifiées contre toutes les tentatives faites pour mettre en doute les faits qu’elles contiennent. Tous les efforts pour en ébranler le témoignage retombèrent sur la tête de ceux qui les firent. Ce fut immédiatement après ces choses que les conducteurs de Béthesda admirent à la communion plusieurs des amis et des partisans dévoués de M. Newton, et cela en dépit de toutes les représentations de frères pieux d’entre eux-mêmes, et d’autres frères des environs, qui les avertirent du caractère et des vues des personnes en question. Les frères, qui étaient sur les lieux et qui avaient protesté contre cette démarche, furent alors obligés, pour éviter la communion avec ce qu’ils reconnaissaient être des doctrines et des voies propres à corrompre l’âme et à déshonorer Christ, de se retirer de la communion de Béthesda. C’est ce qu’ils firent ; et l’un d’eux imprima, pour la circulation privée, une lettre adressée aux principaux frères de Béthesda, dans laquelle il exposait les motifs qui l’engageaient à se retirer. Là-dessus dix des conducteurs de Béthesda rédigèrent et signèrent un écrit dans le but de justifier leur conduite en recevant les parti sans de M. Newton, et en rejetant toutes les représentations et tous les avertissements qui leur avaient été adressés. Vous pouvez voir cet écrit en entier dans : « La question actuelle 1848-9, par G.-V. Wigram. » J’ai seulement une ou deux remarques à faire sur ce document, qui est examiné à fond dans l’écrit que je viens de nommer :

1°. Le but de cet écrit est de justifier la conduite de ceux qui l’ont signé, en prenant une position neutre à l’égard des graves questions que je viens de passer rapidement en revue. Ils disent :

« Nous savions que parmi nous la grande masse des croyants était dans une heureuse ignorance de la controverse de Plymouth, et à notre jugement il n’était pas désirable qu’on pût nous considérer comme nous identifiant avec l’un ou l’autre parti. »

2°. Au commencement de l’écrit ils désavouent les doctrines enseignées par M. Newton. Ils ne le nomment pas ; mais ils disent :

« Nous ajoutons, pour la plus grande tranquillité de ceux qui ont pu être troublés, que nous désavouons hautement l’assertion que le Fils béni de Dieu fut impliqué dans la culpabilité du premier Adam, ou qu’il naquit sous la malédiction de la loi violée, à cause de sa relation avec Israël. Nous estimons qu’il a toujours été le saint de Dieu, en qui le Père a toujours pris son bon plaisir. Nous ne sachions aucune malédiction que le Sauveur ait portée, si ce n’est celle qu’il a endurée pour le salut des pécheurs, selon cette parole de l’Écriture : « Il a été fait malédiction pour nous » Nous rejetons absolument la pensée que le Seigneur ait fait les expériences d’une personne inconvertie, mais nous maintenons que tout en souffrant extérieurement les épreuves qui se rattachaient à son existence d’homme et d’Israélite, cependant dans ses sentiments et son expérience, aussi bien que dans son caractère extérieur, il était entièrement séparé des pécheurs. »

Ainsi donc, séparément et conjointement, ils désavouent les vues de M. Newton sur ce sujet. Et pourtant il est notoire que l’un de ceux qui signèrent cet écrit est d’accord avec M. Newton sur ces points. Dans le tout dernier traité que j’ai vu, écrit par M. Groves, beau-frère de M. Muller, agent actif et zélé défenseur de Béthesda, M. et Mme Aitchison sont nommés comme étant du nombre des amis de M. Newton, et M. Aitchison est l’un des dix qui ont signé l’écrit. Le plus simple des saints peut voir le manque de droiture d’une marche pareille. Dix hommes signent un écrit dans lequel ils désavouent des vues qui sont notoirement celles de l’un des signataires, pour le moins !

3°. Les raisons données dans cet écrit des dix pour ne pas juger l’erreur en question, sont très-peu satisfaisantes : quelques-unes d’entre elles étant, dans le fait, les raisons les plus fortes possibles pour les porter à l’examiner sérieusement. Écoutez leurs paroles :

« La raison pratique pour laquelle on nous dit que nous devons entrer dans l’examen de certains traités sortis de Plymouth, c’est que par là nous saurions comment agir envers ceux qui viendraient de là nous visiter, (ou plutôt, qui étaient déjà venus) ou qui sont supposés être les adhérents de l’auteur des dites publications. Nous dirons en réponse à cela, qu’on ne saurait connaître avec certitude les vues de l’écrivain en question que par l’examen de ses écrits avoués… Or il y a eu une telle variation dans les vues soutenues par cet auteur, qu’il est difficile de savoir quelles seraient celles qu’il reconnaîtrait maintenant comme siennes. »

Ainsi parce que l’auteur d’une hérésie est inconséquent avec lui-même et sait embarrasser et embrouiller ses lecteurs par des exposés en apparence contradictoires, les pauvres du troupeau doivent se voir envahir par ses disciples qui viendront répandre parmi eux le poison de ses idées, et les pasteurs, pour se justifier, invoquent précisément ce caractère tortueux de l’erreur, qui la rend doublement dangereuse, et augmente la nécessité d’y opposer une barrière.

4°. Un principe très-dangereux est proclamé dans ce document.

« En supposant même que ceux qui auraient examiné la chose, fussent arrivés à la même conclusion touchant la somme d’erreur positive contenue dans ces écrits, cela ne nous aurait pas guidé dans notre décision à l’égard des individus venus de Plymouth. Car en admettant que l’auteur des traités soit foncièrement hérétique, cela ne nous autoriserait pas à rejeter ceux qui ont été sous son enseignement, avant d’être convaincus qu’ils ont compris et reçu des vues essentiellement subversives des fondements de la vérité ; surtout puisque ceux qui se réunissent à Ebrington-Street, à Plymouth, ont publié, en janvier dernier, une déclaration désavouant les erreurs dont les traités étaient accusés. »

C’est-à-dire qu’un homme pourrait pendant des années enseigner des doctrines reconnues comme foncièrement hérétiques (sociniennes, par exemple) ; le troupeau qui l’autorise à enseigner le socinianisme publie une déclaration désavouant les doctrines qui néanmoins s’enseignent toujours notoirement parmi eux et sont ainsi accréditées par eux. Les membres du troupeau s’adressent ailleurs pour être reçus à la communion, et à moins qu’ils ne soient individuellement convaincus d’avoir « compris et reçu » les doctrines sociniennes, le principe admis par Béthesda exigerait leur réception ! Ils sont membres d’une congrégation qui autorise dans son sein un prédicateur socinien, et qui se glorifie de lui comme d’un homme profondément versé dans la Parole, etc ; mais si nous ne pouvons prouver qu’ils ont eux-mêmes embrassé avec connaissance de cause les erreurs sociniennes, nous n’avons, dit Béthesda, aucune autorité pour les rejeter ! Les saints ont-ils besoin de quelque chose de plus pour leur ouvrir les yeux quant à la position prise par Béthesda ? Et ceci n’est pas une fable ni une exagération. C’est le jugement déclaré par Béthesda sur ce qu’est la communion de la maison de Dieu. Les paroles citées plus haut, auxquelles les dix apposèrent leurs noms, et qui furent adoptées par le vote de l’assemblée, sont un témoignage plus éclatant et plus solennel à la conscience, qu’aucune des choses avancées par ceux que Béthesda regarde comme ses adversaires.

5°. La manière dont l’assemblée de Béthesda fut amenée à adopter cet écrit des dix, est ce que personne ne saurait approuver, à moins d’avoir le jugement préalablement faussé. « M. Craik déclara », dans la réunion du 3 juillet 1848, quel serait l’ordre du jour de l’assemblée, savoir : d’abord, l’examen de la lettre de M. Alexander, et ensuite celui de leur réponse ; mais il ajouta qu’ils (les dix, je suppose) déclaraient de propos délibéré et après réflexion, qu’ils étaient fermement résolus à ne consentir à entendre la lecture d’aucun extrait des traités, ni d’aucun commentaire sur ceux-ci, jusqu’à ce que l’assemblée eût pris une décision sur leur écrit. (Voyez « la Question actuelle », pages 33 et 34). Songez-y bien ! Dix personnes se présentent avec un écrit, par lequel l’église s’engage, si on l’adopte, à garder une position neutre entre l’auteur des traités et ses amis d’un côté, et ceux qui en rejettent les doctrines comme fausses et hérétiques de l’autre. Si cet écrit est adopté, Béthesda devient neutre entre M. Newton et ceux qui l’ont désavoué, et cependant jusqu’à ce que cet écrit soit adopté, ses auteurs ne consentiront pas à ce qu’on lise aucun extrait des écrits de M. Newton, ou qu’on fasse des remarques sur ses doctrines ! Et lorsque quelques-uns s’opposèrent à ce que l’assemblée prît ainsi une décision dans l’obscurité, M. Muller dit « que la première chose que l’église avait à faire était d’approuver les signataires de l’écrit, et que si elle ne le faisait pas, ils ne pourraient continuer à travailler parmi eux ; que plus l’erreur était mauvaise, plus il fallait se garder de la mettre au jour, etc. » C’est ainsi que les frères de Béthesda, sous peine de perdre les travaux de leurs bien-aimés et honorés pasteurs, furent mis en demeure de prendre une position de neutralité quant aux doctrines sur lesquelles ils ne devaient pas dire un mot jusqu’à ce qu’ils eussent pris cette position ! Et la majorité y consentit : en se levant, elle donna son approbation à l’écrit des dix et prit la position qu’on lui demandait de prendre.

Mais tandis que, d’un côté, la marche suivie en cette affaire par les conducteurs était des plus tristes, que personne dans l’assemblée ne songe à mettre sur les conducteurs la responsabilité du corps en adoptant leur écrit ; qu’ils l’aient fait dans les ténèbres, qu’il ne leur ait pas été permis de faire luire, sur le sujet, le plus faible rayon de lumière, cela est vrai. Néanmoins ils se levèrent pour approuver l’écrit, bien qu’ils eussent été informés antérieurement par M. Alexander, que les erreurs en question touchaient à la personne et à l’œuvre de notre bien-aimé Sauveur. Elle est bien grave, la responsabilité qu’assuma ainsi l’assemblée par son vote de cette soirée, et dix fois plus grave encore fut la responsabilité de ceux qui la déterminèrent à en venir là.

Bientôt après que Béthesda eut ainsi pris ouvertement une position neutre par la réception des agents de M. N. et l’adoption de cet écrit, expliquant le principe sur lequel ils étaient reçus, M. Darby présenta toute l’affaire aux frères, dans une circulaire qui a été réimprimée dernièrement dans la « Revue de certaines questions et de certains maux » etc., de M. W.-H. Dorman. M. Darby quitta le pays peu après la publication de la circulaire. Toute l’attention qu’on prêta à cette circulaire se trouve dans une lettre hostile de M. Wakefield de Kendal, lettre écrite dans un esprit dont je n’ose pas parler ; vous en avez vu tous les arguments dans la lettre de M. Jukes aux assemblées de Leeds et d’Otley. Ce fut par des circonstances locales que notre frère Willians et moi nous fûmes conduits, bien malgré nous, à prendre une part active dans ces affaires. Il faut que vous sachiez que, par le moyen des maisons d’orphelins de M. Muller, Béthesda se trouvait en rapport avec presque toutes les assemblées du pays. Nous savions qu’il y avait un lien d’une grande force entre Béthesda et une assemblée du Yorkshire, et que deux autres assemblées dans ce même comté étaient liées d’une manière intime avec un frère qui leur avait été en grande bénédiction autrefois, mais qui, hélas ! avait contribué à placer Béthesda dans la position qu’elle occupe maintenant, et nous savions que sa tactique avait toujours été de tenir les saints dans l’ignorance de la controverse de Plymouth, et qu’il avait été faire une visite à ces assemblées depuis que ces troubles avaient commencé. D’autre part, un frère s’était transporté d’Otley à Béthesda et, en y revenant ou même en faisant une visite, il pouvait, une fois ou l’autre, forcer les saints d’ici à s’occuper de la question. En outre, quelques personnes avaient cherché à induire en erreur les saints d’ici et de Leeds par des représentations tout à fait inexactes de la position de Béthesda et de la conduite de M. Darby envers cette assemblée ; et ce qui pour nous eut plus de poids que tout le reste, c’est que M. Jukes de Hull était venu de Bath où il avait été en relation avec les amis de la position neutre de Béthesda, décidé à prendre lui même cette position, ce qu’il ne pouvait naturellement pas faire sans l’acquiescement tacite des frères de toutes ces localités, ou d’un autre côté, sans l’examen de toute l’affaire par les frères. Nous désirions vivement que quelques personnes considérées parmi les frères convoquassent une assemblée générale, dans laquelle l’affaire de Béthesda et la circulaire de M. Darby auraient été examinées. Nous ne pouvions évidemment pas prendre sur nous une démarche de cette importance. La question pour nos consciences était de savoir si nous devions rester spectateurs passifs pendant que l’on entraînerait tout doucement les assemblées du Yorkshire dans une position de neutralité entre l’hérésie newtonienne et ceux qui la recevaient, d’un côté, et ceux qui avaient fidèlement protesté contre elle et s’en étaient séparés, de l’autre ; ces assemblées ignorant entièrement (sauf quelques frères de Leeds et d’Otley) quelles étaient les questions sur lesquelles ils devaient ainsi rester neutres. Nous ne pouvions pas le permettre avec une conscience nette. Nous regardâmes au Seigneur, et je crois que nous fûmes dirigés par lui en répandant la circulaire que vous avez vue. Elle fait connaître quel est le mal ; comment, par sa réception à Béthesda, toutes les assemblées étaient menacées ; et elle expose ensuite la marche que nous croyions que la Parole de Dieu exigeait de nous dans ces circonstances ; en laissant naturellement aux frères la liberté de former leur propre jugement sur cette affaire, dans la crainte de Dieu. Je ne doute pas que bien des chers enfants de Dieu n’eussent mieux agi que nous, s’ils avaient agi ; mais quand personne ne voulait agir et que le mal était à nos portes, nous n’avions d’autre choix que d’agir selon que le Seigneur nous en rendrait capables. Il sait si nous avons cherché sa direction et quels étaient nos motifs dans la marche que nous avons suivie. Les résultats aussi ont montré s’il n’y avait pas la plus urgente nécessité de faire une telle démarche. L’état des choses qui la rendit nécessaire, était, à la vérité, affligeant et humiliant ; mais Dieu ne fait jamais défaut à ses enfants dans les temps les plus fâcheux, et je pense que plusieurs sentent maintenant qu’on ne peut espérer la bénédiction de Dieu au milieu des circonstances actuelles, que dans une marche d’une fermeté inflexible et d’une décision sans accommodement.

Il a été allégué, cependant, que Béthesda s’était justifiée de toutes les accusations de participation aux fausses doctrines de M. Newton et de toute communion avec ceux qui les reçoivent ; et il peut être bon d’exposer d’abord ce qui a été fait à Béthesda, ensuite d’examiner si, par ce qu’elle a fait, Béthesda est réellement nette, de manière à avoir de nouveau droit à la confiance des saints.

Le 31 octobre 1848, il y eut une réunion à Béthesda dans laquelle M. Muller émit son jugement individuel sur les traités de M. N. Il dit qu’ils renferment un système d’erreur insidieuse, non ici et là, mais d’un bout à l’autre ; et que si les doctrines qui y sont enseignées étaient poussées jusqu’à leurs conséquences légitimes, elles détruiraient les fondements de l’Évangile, et renverseraient la foi chrétienne. Il dit que les conséquences légitimes de ces doctrines sont « de faire que le Seigneur aurait besoin d’un Sauveur pour lui-même aussi bien que les autres ! » Néanmoins tout en exprimant aussi fortement son jugement individuel, M. Muller ajouta qu’il ne pouvait pas dire que M. Newton fût un hérétique, qu’il ne pouvait pas refuser de l’appeler frère. Et il eut bien soin de maintenir que ce qu’il disait n’était pas le jugement de l’église, mais son jugement personnel, duquel lui seul était responsable. Quand à l’écrit « des dix » et à tous les actes qui s’y rapportaient, il les justifia entièrement et dit que, s’ils se trouvaient encore dans les mêmes circonstances, ils suivraient la même marche. Or je le demande, quel est l’effet naturel d’une pareille manière d’agir ? D’un côté, le jugement individuel contre le mal endort les consciences qui commencent à se réveiller. On se dit que sûrement il ne peut y avoir aucun danger d’hérésie, là où un tel jugement est porté contre le mal. Tandis que, d’un autre côté, la porte est laissée aussi largement ouverte au mal que jamais. Et Satan est très-satisfait si vous voulez seulement laisser entrer le mal, quelles que soient les choses que vous puissiez dire contre lui.

Mais on assure maintenant qu’il y a eu à Béthesda une investigation publique qui s’est terminée par un jugement unanime sur ce sujet, de tout le corps réuni. On dit que cela a eu lieu en novembre et décembre 1848. Mais le premier mot qui ait paru sur cette investigation se trouve dans un traité qui m’est seulement parvenu depuis que j’ai commencé à écrire cette lettre, et qui porte la date du 16 juin 1849. Avant de l’examiner, je voudrais mettre sérieusement cette question sur la conscience des frères. Puisque Béthesda savait que sa conduite avait fait broncher un si grand nombre de chrétiens, et donnait occasion à tant de divisions et de controverses, si elle considérait la décision de décembre dernier comme propre à satisfaire la conscience des saints frères qui se plaignent de sa marche précédente, où était son respect pour la gloire de Christ, l’amour des frères ou la paix de l’Église en tenant cette décision secrète de décembre jusqu’en juin ? Mais telle qu’elle est maintenant que nous l’avons, examinons cette décision et que le Seigneur donne aux saints en tous lieux de la peser en sa crainte. Elle est présentée aux saints dans un traité de M. A.-N. Groves, dans lequel il publie une lettre de M. J.-E. Howard à M. Dorman. Dans cette lettre, M. Howard dit :

« Le compte rendu suivant me fut donné sur l’autorité de Lord Congleton : « Sept assemblées d’église furent tenues à Béthesda entre le 27 novembre et le 11 décembre 1848. Les traités de M. Newton furent examinés. Conclusion : — De ne recevoir à la communion aucune personne qui défend, maintient ou soutient les vues ou les traités de M. N. Décision écrite par Lord Congleton au moment où M. Muller la prononçait, et en sa présence et celle de M. Wakefield de Kendal. Résultat : Avant le 12 février 1849, tous les amis de M. Newton avaient signifié leur retraite : Capt. Woodfall, M. Woodfall, Mme Brown, M. et Mme Aitchison, deux demoiselles Farmer et deux demoiselles Percival. »

Signé, C.

Avant de m’occuper de ce qui est renfermé dans ce remarquable document, qu’on me permette de dire un mot quant à son auteur. Ce fut Lord Congleton qui s’efforça pendant 5 heures, à la réunion de Bath en mai 1848, d’attacher l’accusation de fausseté au « Récit des faits » de M. Darby. M. Robert Howard m’assura que ses efforts étaient si faibles et si absurdes que leur seul résultat fut de faire retomber l’accusation sur sa propre tête. Sa conduite dans cette réunion fut si triste, que quand plus tard il demanda à être admis à Rawstorne-Street, les frères de cette assemblée refusèrent de le recevoir jusqu’à ce qu’ils fussent convaincus qu’il s’était humilié de la marche qu’il avait suivie. Voilà le frère dont le nom et le témoignage sont invoqués par M. J.-E. Howard pour satisfaire la conscience des saints et leur prouver que Béthesda s’est nettoyée du mal. C’est relativement aux réunions dont parle Lord C. que M. Groves demande avec indignation :

« Quoi ! six semaines de pénibles recherches, durant lesquelles toute autre assemblée et toute autre affaire furent suspendues pour examiner la question et instruire chaque membre de Béthesda, dans le but d’obtenir un jugement juste et éclairé sur cette question difficile et embarrassante, c’est ne rien faire ! Quoi ! après un examen prolongé et des recherches faites avec prières, désavouer M. Newton comme docteur, et refuser la communion à tous ceux qui défendraient, maintiendraient ou soutiendraient ses doctrines ou ses traités, tout cela c’est ne rien faire !! »

C’est une chose affligeante quand la seule réponse qu’on puisse faire à un tel appel est : « Rien pour satisfaire la conscience de tout chrétien qui estime l’honneur de Christ et la pureté de la communion de sa maison plus que des efforts pour sauver les apparences et pour soutenir les intérêts d’un parti. » Mais retournons au document lui-même et examinons-en les allégations :

1°. Il y eut sept assemblées d’église, et les traités de M. Newton furent examinés. Le refus de faire cet examen dans l’origine, avait fait sortir de Béthesda 50 à 60 frères pieux, et en avait plongé ailleurs un grand nombre dans l’affliction et les contestations, et maintenant que sept assemblées ont lieu pour examiner cette même question dont on avait dit peu de temps auparavant qu’on ne pouvait point l’examiner du tout, n’y a-t-il pas un seul mot de confession ? Je lis dans l’écrit des dix :

« Nous avons pensé dès le principe, que ce ne serait ni pour la consolation ni pour l’édification des saints de cette localité, ni pour la gloire de Dieu, que nous, ici à Bristol, nous engageassions dans la controverse touchant les doctrines en question. Nous n’estimons pas que, parce que des erreurs peuvent être enseignées à Plymouth ou ailleurs, nous soyons tenus, comme corps, à les examiner et à en juger. »

Je lis encore :

« La nécessité de faire une enquête au sujet des traités de M. N. et de les juger, parut à quelques-uns d’entre nous comme l’introduction d’une nouvelle condition de communion. »

Or comment se fait-il que ce qui était si mauvais en juin et juillet soit devenu bon et nécessaire en novembre et décembre ? Comment se fait-il que ce qu’on a refusé en été, en faisant ainsi sortir de l’assemblée un grand nombre de frères pieux et consciencieux et en plongeant partout les frères dans la douleur et la division ; comment, dis-je, l’a-t-on fait en automne, sans aucun mot avouant qu’il y eût eu du mal auparavant ? Loin de là, si nous en croyons M. Groves lui-même, ils pensent encore avoir très-bien agi.

2°. La conclusion à laquelle on est arrivé, c’est que : « Quiconque défendrait, maintiendrait ou soutiendrait les vues ou les traités de M. N. ne serait pas reçu à la communion. » Or ceci pourrait sembler parfaitement loyal et franc à quelqu’un qui n’a rien connu de la controverse, ni des traités ; mais il est extrêmement douloureux d’avoir à chaque pas à se demander, si des documents et des déclarations signifient réellement ce qu’au premier coup d’œil celui qui est étranger à la question supposerait qu’ils signifient. Mais voyons quels sont les faits réels de l’affaire qui nous occupe : D’abord, il n’y a point de jugement prononcé quant à ceux qui ont déjà été reçus ; reçus même au prix si grave de la division qui s’ensuivit immédiatement à Bristol, aussi bien que de tout ce qui en est résulté ailleurs. C’est un jugement quant à la question de savoir qui serait reçu dans la communion, et non quant à ce qui serait fait de ceux qui avaient déjà été reçus.

Secondement, la conclusion à laquelle on est arrivé laisse néanmoins la porte ouverte à ceux qui sont en communion avouée avec M. N., pourvu qu’ils « ne défendent, ne maintiennent ni ne soutiennent ses vues ou ses traités. » Il n’y a rien ici qui aille au-delà du principe posé dans l’écrit « des dix. » Car, en supposant que l’auteur des traités fût foncièrement hérétique, cela ne nous autoriserait pas à rejeter ceux qui auraient été sous son enseignement avant d’être convaincus qu’ils ont compris et reçu des vues essentiellement subversives des fondements de la vérité. » Si une personne vient de Compton-Street, et a la franchise de dire : je comprends, je soutiens et je suis résolu de propager autant que je le pourrai les vues de M. N. sur les points en question, cette personne ne sera pas reçue par Béthesda. Mais une douzaine de personnes pourraient venir en même temps de Compton-Street et être admises dans le sein de l’assemblée de Béthesda, pourvu qu’elles fussent assez sous l’influence du système trompeur et immoral de l’endroit d’où elles viennent, pour cacher leur sympathie pour les vues de M. N. Il faut qu’elles défendent, maintiennent ou soutiennent les vues ou les traités de M. Newton pour être exclues par la décision à laquelle on est arrivé à Béthesda. Si ces personnes disent ne pas croire que M. Newton enseigne ce que d’autres lui attribuent, et qu’elles-mêmes répudient entièrement les doctrines qu’on met à sa charge, il n’y aura alors aucun empêchement à leur admission à Béthesda, et une fois admises, elles parleront avantageusement de M. N. et exprimeront de la sympathie pour lui comme pour un homme auquel on fait tort, que l’on calomnie, que l’on traite sans miséricorde, et gagneront les sympathies des frères de Béthesda en sa faveur. N’est-ce pas là faire l’œuvre de Satan, et préparer la voie à la réception des doctrines et des traités eux-mêmes, lorsque de quelque autre manière ils tomberont entre leurs mains ? Et les moyens pour cela ne sont pas bien loin, c’est ce que nous allons voir.

3°. On dit que le résultat de ce jugement de Béthesda fut que : « Avant le 12 février 1849, tous les amis de M. N. à Béthesda avaient signifié leur retraite, le capitaine Woodfall, M. Woodfall, Mme Brown, M. et Mme Aitchison, deux demoiselles Farmer et deux demoiselles Percival. » Et c’est là ce que met tranquillement en avant, comme justification de Béthesda, l’un de ses principaux conducteurs. Depuis le moment où ces questions se sont élevées, l’assertion par laquelle Béthesda et ses défenseurs se sont toujours justifiés, c’est qu’il n’y avait personne à Béthesda qui soutînt les vues de M. Newton ou qui favorisât ses projets. Or voici que Lord Congleton nous assure, dans un traité publié par M. Groves, que tous les amis de M. N. à Béthesda ont donné leur démission. On nous donne une liste de leurs noms, et ce sont justement ceux des personnes reçues par Béthesda, en dépit des avertissements et des représentations des frères du dedans et de ceux du dehors, y compris l’un de ceux qui avaient signé l’écrit des dix. De sorte que l’un des dix qui ont engagé Béthesda dans une marche neutre est maintenant rangé par Béthesda elle-même et par ses aucune expression de contrition de la part de Béthesda pour avoir méprisé les avertissements et les conseils de frères graves et sérieux, dont le témoignage enfin n’a été trouvé que trop vrai ? N’y a-t-il aucune expression de douleur pour avoir fait sortir de la communion ceux dont la conduite a été ainsi justifiée aux yeux de tous ? Non ! pas la moindre expression de ce genre. Béthesda, d’après son propre écrit, a bien fait du commencement à la fin ; elle a bien fait en prenant une position neutre, bien fait en l’abandonnant, si vraiment elle l’a abandonnée. Elle a bien fait en recevant les amis de M. Newton, et bien fait en suivant une ligne de conduite qui a eu pour résultat leur retraite à tous. Elle a bien fait en maintenant qu’elle n’avait personne dans son sein qui fût entaché de l’hérésie newtonienne, bien fait en se justifiant, par cette assertion, que tous ceux qui étaient tels se sont retirés. Mais ce n’est pas une marche de propre satisfaction comme celle-là qui peut recevoir l’approbation de Dieu ni se recommander à la conscience des saints.

Cependant le plus mauvais reste à dire. Bien loin que les six semaines de réunions et la conclusion à laquelle on est arrivé, pas plus que le résultat des unes et de l’autre aient absout Béthesda ou l’aient rendue plus digne de la confiance des frères, sa position actuelle est telle qu’elle a moins droit qu’auparavant à la confiance des saints.

Nous ne sommes pas réduits au récit de Lord Congleton pour apprendre la valeur et les motifs de la retraite des amis de M. Newton ; car deux d’entre eux, MM. Woodfall ont fait circuler un écrit, dans lequel les motifs de leur retraite sont clairement énoncés. Deux phrases de cet écrit suffisent pour faire voir le caractère de toute l’affaire :

« Notre démarche, disent-ils, a finalement été déterminée par une conversation avec l’un de vos pasteurs qui semble croire qu’elle les délivrerait de quelques-unes de leurs difficultés. »

« En faisant cette démarche nous n’abandonnons nullement notre droit, comme frères en Christ, à nous asseoir ici à la table du Seigneur. »

Pesez ce que peut être un arrangement à l’amiable entre l’un des pasteurs de Béthesda et deux des amis de M. Newton qui sont en communion avec cette assemblée, arrangement dont la conséquence est la retraite de ceux-ci pour délivrer les premiers de quelques-unes de leurs difficultés, ces démissionnaires volontaires réservant en même temps leur droit à la communion quand ils jugeront à propos de revenir ! Et c’est là ce qu’on avance comme une preuve que Béthesda s’est purifiée du mal, et comme une preuve suffisante pour convaincre la conscience des frères que rien maintenant n’exige une séparation d’avec Béthesda. Le fait est, si je suis bien informé, (et j’ai tout lieu de croire à la véracité et à la fidélité de celui qui m’a renseigné) qu’il y a communication ouverte entre ces amis de M. Newton qui ont abandonné Béthesda et d’autres qui y restent encore. Béthesda n’a pas déclaré qu’elle fermait la porte à ceux qui sont en communion avouée avec M. N. et ses adhérents, à moins qu’ils ne soutiennent, défendent, ou maintiennent ses doctrines ou ses traités. Il est hors de doute qu’il y a encore dans Béthesda des personnes qui sympathisent avec M. N. Ils ont l’œuvre à faire à l’intérieur, tandis que ceux qui ont quitté peuvent travailler d’une autre manière au dehors de l’assemblée plus efficacement qu’ils ne pourraient le faire au dedans. Je ne dis pas que MM. Groves et Muller aient voulu qu’il en soit ainsi, loin de là. Mais lorsque notre intérêt devient notre guide et que notre principal but est de soutenir notre crédit, nous devenons les dupes et les instruments d’un agent invisible qui cherche à accomplir ses desseins par notre moyen et par nos voies. Je dis cela sauf correction, et dès qu’il y aura une assemblée franche et loyale où tout pourra être examiné, je suis prêt à dire le nom de mon auteur et à voir examiner et sonder scrupuleusement l’assertion qu’on va lire ainsi que toutes celles que j’ai pu avancer. On m’a assuré qu’une personne qui reste dans l’assemblée de Béthesda a revendiqué son droit ou fait connaître sa détermination de ne pas renoncer à la communion avec les amis de M. Newton qui ont quitté l’assemblée. Et j’ai été informé à plusieurs reprises d’une manière digne de foi que les assemblées tenues par les amis de M. N. ont été fréquentées par plusieurs de ceux qui sont encore à Béthesda. Si ces choses ne sont pas vraies, que l’affaire soit examinée soigneusement et loyalement, et si elles sont trouvées fausses, je sais qui serait l’un des premiers, par la grâce de Dieu, à confesser le tort fait aux frères de Béthesda, et à solliciter leur pardon. Mais si ces choses sont vraies, que les saints ne se persuadent pas que des arrangements mutuels comme affaire de convenances, d’après lesquels les uns quittent l’assemblée, tandis que d’autres y restent, soient des choses qui puissent justifier Béthesda de ce dont elle est accusée, ou maintenir la sainteté de la maison de Dieu, qui a été pratiquement reniée par ses doctrines et ses actes.

Si l’on me demandait mes raisons, comme individu, pour être entièrement séparé de la congrégation de Compton-Street à Plymouth, ma réponse serait double :

1° Le système sectaire, clérical et démoralisant qui y est établi, et qui se trouve dévoilé dans le « Récit des faits, » et le « Récit des procédés de Rawstorne-Street. »

2° Les affreuses doctrines promulguées depuis par M. N. sur le sujet des souffrances de notre bien-aimé Sauveur.

Si l’on me faisait la même question quant à Béthesda, ma réponse serait :

1° L’adoption avouée d’une position neutre vis-à-vis du mauvais système et des mauvaises doctrines de M. Newton.

2° Le principe latitudinaire exposé dans l’écrit « des dix » et accepté par tout le corps, savoir que : ceux qui sont en communion avouée avec les hérétiques ne peuvent être éloignés de la table du Seigneur à moins qu’ils n’aient eux-mêmes compris ces doctrines hérétiques et qu’ils n’en soient imbus.

3° Le fait de chercher à faire accroire aux frères que la position neutre a été échangée contre une position de séparation d’avec M. Newton et ses traités, sans aucune confession d’erreur ou de péché pour avoir pris dans le commencement une position de neutralité.

4° Que la position neutre n’a réellement pas été abandonnée ; qu’on tolère encore dans l’assemblée des personnes qui sympathisent avec l’hérésie, et qu’aucune barrière n’empêche leur libre communication avec les adhérents reconnus de l’hérésie au dehors.

5° Les déclarations de M. H. Craik dans sa lettre à T. M. en réponse à l’appel de G.-V. Wigram. Ce qu’il dit dans cette lettre sur l’humanité du Seigneur ne permet pas de douter qu’il ne sympathise à un haut degré avec les fausses vues de M. Newton.

Un certain nombre de frères de Rawstorne-Street à Londres, et d’autres endroits, ont adressé l’appel suivant à Béthesda :

« Juin 1849. Aux saints qui se réunissent à Béthesda, Salem, etc., Bristol.

« En conséquence de la récente reproduction (par W.-H. Dorman) de la lettre écrite par J.-N. Darby l’automne dernier, et de celle des dix frères travaillant conjointement à Béthesda, avec extraits des lettres de G. Alexander etc. (par G.-V. Wigram), nos âmes ont été exercées devant le Seigneur dans l’humiliation et la prière. Nous en avons été conduits à la conviction qu’à moins de compromettre la sainteté qui convient à la maison de Dieu, nous ne pouvions rester en communion avec les saints de Béthesda dans les circonstances actuelles. Dans cette triste conviction, comme nous désirons très-ardemment demeurer en communion avec tous les saints, nous souhaitons vivement d’écarter les empêchements apparents. En conséquence, comme simples individus, nous vous sollicitons et nous vous prions ardemment de nous accorder la seule chose qui nous paraisse le moyen d’atteindre ce but, savoir une réunion, soit à Bristol, soit ailleurs, réunion ouverte à toutes les parties intéressées et qui invoquent la conscience comme leur motif de désirer d’y être présents. Que tout mal demandant à être corrigé chez qui que ce soit qu’il se trouve, soit montré dans cette assemblée. Si ce mal se trouve dans l’assemblée d’York-Street à Bristol, ou en M. G. Alexander, J.-N. Darby, G.-V. Wigram ou H. Dorman, nous ne voulons pas plus les justifier, que nous ne voulons condamner qui que ce soit d’entre vous. Que l’honneur du Seigneur, l’unité et la sainteté de l’Église soient notre seule pensée.

« Notre espérance est que si une telle assemblée avait lieu, le Seigneur Jésus-Christ, pour l’amour de son nom, dirigerait de telle sorte les choses par son Esprit qu’on en verrait quelques résultats en humiliation et en bénédiction commune.

« Les malentendus seraient éclaircis, et le mal jugé, tandis que la sainteté et la communion fraternelle seraient préservées pour sa gloire et la consolation de nos cœurs.

« Nous sommes encore plus poussés à faire cette démarche :

« 1°. Pour certains actes publiés à Tottenham, savoir, la publi cation du mémoire et de la réception de Béthesda, et

« 2°. une scission qui a eu lieu parmi les frères d’Orchard-Street, par des motifs qui se rattachent à cette publication. Nous prions que la réponse soit envoyée (pour nous) à l’adresse de M. N. à Angel Terrace St-Peters-Street, Islington, London.

« Pour la congrégation de Béthesda, etc., aux soins de M. G. Muller, J.-H. Hale et C.Brown. »

Cette lettre fut signée par 14 frères et des copies par plusieurs autres.

Voici la réponse de M. Muller :

Bristol 18 juillet 1849.

En réponse à une communication adressée aux soins de MM. Hale, Brown, et moi, demandant une assemblée de frères, pour examiner certaines accusations faites contre Béthesda, je dois dire en mon nom et au nom de mes compagnons d’œuvre, que nous sommes prêts à donner toutes les explications nécessaires sur la marche qui a été adoptée à Béthesda, à tous les saints qui en demandent et qui ne se sont pas engagés comme partisans de MM. Darby et Wigram ; mais que nous ne nous sentons pas autorisés à consentir à nous réunir avec ceux qui nous ont d’abord jugés et condamnés et qui maintenant font profession de désirer une enquête. Nous croyons devoir dire franchement que lors même que de tels frères se déclareraient satisfaits de nous, nous ne pourrions pas, sans hypocrisie, leur tendre une main fraternelle. S’ils sont d’accord avec la marche suivie par M. Wigram et autres, alors il ne peut y avoir aucune communion entre nous et eux. S’ils désapprouvent cette marche, nous trouvons qu’ils sont d’abord tenus de juger ceux qui ont été manifestement coupables d’une marche tendant à la division, et de calomnies grossières contre leurs frères. Si cependant quelques personnes pieuses qui ne se seraient pas compromises en soutenant de telles personnes désiraient des explications sur la marche que nous avons suivie, nous sommes non seulement tout prêts à répondre à leurs questions, soit de vive voix, en particulier, soit au moyen d’une réunion convoquée dans ce but ; mais encore cela nous causerait une joie réelle que de satisfaire à leur désir.

(signé) George Muller. »

Je prie les frères de peser cette lettre. La gloire de Christ peut être attaquée, et les fondements de la foi, ainsi que l’intégrité morale des saints, être sapés et minés, Béthesda reste spectatrice indifférente et prend une position neutre. George Muller, H. Craik et autres sont, dans leur propre opinion, rudement et méchamment traités, mais il ne peut y avoir aucune neutralité quant à cela. Les frères leur proposent une assemblée générale, tant pour examiner leurs accusations contre J.-N. Darby, G.-V. Wigram et autres, que pour examiner les accusations que ces frères portent contre Béthesda. Ils désirent ne protéger personne, mais entendre chacun en présence de tous et en la présence du Seigneur Jésus-Christ ; mais non ! M. Muller et ses compagnons d’œuvre ne veulent consentir à rien de pareil. Ils admettraient à la table du Seigneur les amis, les partisans de ceux qui ont calomnié le Seigneur béni ; mais ils ne veulent pas se rencontrer, même pour une enquête, avec ceux qui approuvent la marche suivie par des frères qui sont supposés les avoir calomniés, eux. Certainement ceci peut être laissé en toute sûreté au jugement des saints.

Il ne me reste qu’à mentionner deux ou trois points que mettent fortement en avant ceux qui s’opposent à une marche décidée dans cette grave question. On dit souvent qu’en refusant d’être en communion avec ceux qui viennent de Béthesda dans son état actuel, nous les traitons plus mal que les autres chrétiens des dénominations en général. Il a été demandé à plusieurs reprises si nous ne recevrions pas un pieux pasteur restant dans l’église anglicane, où tous, sans distinction, sont reçus à la communion. Je réponds sans hésiter que oui. Nous recevrions, comme toujours, un frère dans le Seigneur, qui est dans l’église établie, ou parmi les dissidents, sans exiger auparavant de lui qu’il se séparât du corps dont il est membre ; mais quel rapport cela a-t-il avec le cas dont il s’agit ? La réception par un ministre de personnes inconverties à la table de l’église établie, nous accrédite-t-elle ces personnes comme chrétiennes ? Nullement, mais est-ce le cas avec Béthesda ? On professe de n’y recevoir que des chrétiens, et jusqu’ici quelqu’un venant de là a été parfaitement reçu comme étant un chrétien. Si donc Béthesda a admis ceux qui ne sont pas sains en la foi, il résulte que toute confiance est détruite, et nous ne saurions jamais, en recevant des personnes venant de là, si nous ne recevons pas, sous l’apparence d’un cher frère ou d’une chère sœur, un ennemi de la foi, un corrupteur des âmes. C’est là la position dans laquelle Béthesda s’est placée, position tout à fait différente de celle de l’église établie, ou de tout corps dissident évangélique. Si je connaissais une congrégation dissidente qui, en principe et pour garder une position neutre, reçût à la communion les sociniens aussi bien que les croyants orthodoxes, je ne recevrais pas plus les personnes de cette congrégation que celles de Béthesda. Je n’aurais point de confiance dans sa confession de foi, quel que pure qu’elle fût, jusqu’à ce qu’elle eût renoncé à son association avec ceux qui renient le Seigneur qui les a achetés. Et je regarde les doctrines de M. Newton comme une hérésie plus dangereuse que le socinianisme lui-même, parce qu’elle est plus insidieuse et plus artificieusement déguisée.

Les hommes peuvent détruire la foi sans renier, en propres termes, les doctrines fondamentales de l’Évangile. Les docteurs judaïsants de la Galatie n’avaient pas mis de côté le nom de Christ ou cessé de le reconnaître en paroles comme le Sauveur, mais ils enseignaient des doctrines qui, si elles eussent été vraies, auraient rendu la mort de Christ vaine et inutile. Et Pierre et Barnabas tombèrent dans ce piége pour un temps. Mais qu’est-ce que Paul dit de ces destructeurs de la foi ? « Plût à Dieu que ceux qui vous troublent fussent retranchés ! » « Quand nous-même ou un ange venu du ciel vous annoncerait un autre évangile que celui que nous vous avons annoncé, qu’il soit anathème. » L’assertion « que la résurrection était déjà arrivée, » n’était pas la négation, en propres termes, de ce sur quoi notre foi repose. Mais si cette assertion était crue, elle ôtait à l’âme le seul lieu de repos pour la foi : « Si les morts ne ressuscitent pas, Christ non plus n’est pas ressuscité, et si Christ n’est pas ressuscité, votre foi est vaine et vous êtes encore dans vos péchés. » Paul ne connaissait point la fausse charité d’aujourd’hui. Il livrait Hyménée à Satan afin qu’il apprît à ne plus blasphémer. Et quoiqu’il n’y ait personne actuellement pour exercer la discipline de cette manière, l’obligation pour les saints d’être séparés d’un tel blasphème, et de tous ceux qui le pratiquent et le sanctionnent, est aussi solennelle maintenant qu’elle l’était alors. En effet la séparation d’avec le mal n’est pas une question de puissance mais d’obligation. Un saint a toujours le pouvoir de conserver une conscience pure. Ce n’est pas à une église considérable et organisée, mais à la Dame élue et à ses enfants, que Jean écrit : « Si quelqu’un vient à vous et n’apporte pas cette doctrine, ne le recevez pas dans votre maison et ne le saluez pas ; car celui qui le salue participe à ses mauvaises œuvres. »

Mais n’introduisez-vous pas une nouvelle condition de communion et n’établissez-vous pas ainsi une secte ? Voilà une question que l’on fait souvent. Cherchons la réponse dans l’Écriture. Tous doivent convenir que, dans les premiers jours de l’Église, c’était comme chrétiens que les enfants de Dieu se réunissaient. Ils se recevaient l’un l’autre comme le Seigneur Jésus les avait reçus à la gloire de Dieu le Père. Mais quand Satan eut semé l’ivraie, et qu’elle eut commencé à pousser, quand des loups dangereux furent entrés, n’épargnant pas les brebis, et que d’entre eux-mêmes des hommes pervers se furent élevés, cherchant à entraîner des disciples après eux : quand, par exemple, on enseignait la doctrine que la résurrection était déjà arrivée, et que Paul livrait à Satan ceux qui l’enseignaient, afin qu’ils apprissent à ne pas blasphémer, un tel acte de sainte discipline était-il l’établissement de quelque nouvelle condition pour la communion ? Supposez que mille personnes, et parmi elles beaucoup de chrétiens, eussent sympathisé avec ces hérétiques et refusé de renoncer à leur communion, se rangeant ainsi avec eux contre l’apôtre et contre le Saint-Esprit par le pouvoir duquel l’apôtre agissait, pouvons-nous supposer que de telles personnes eussent été reçues à la communion par l’apôtre, ou par aucun de ceux qui respectaient l’autorité de l’apôtre ? Le disciple bien aimé établit-il une nouvelle base de communion en engageant la Dame élue à ne pas recevoir les faux docteurs de ce temps-là ? Supposez que quelqu’un qui eût reçu ces apostats fût venu vers la Dame élue, s’attendant à être reçu comme auparavant, et qu’elle, faible sœur, lui eût dit, avec douceur mais avec fermeté : « Non ! le Saint-Esprit dit par l’apôtre, que celui qui les salue participe à leurs mauvaises œuvres. Vous avez reçu les ennemis de la foi, et vous avez ainsi participé à leurs mauvaises œuvres ; vous êtes maintenant dans la même condition qu’eux, et je n’ose pas vous recevoir, de peur de participer avec vous à vos mauvaises œuvres et aux leurs. » Est-ce qu’un tel témoignage aurait été l’établissement de quelque nouvelle base de communion ? Multipliez les réceptions à l’infini, le principe reste le même. Il peut se présenter bien des cas d’ignorance et de manque de prudence, et ces cas doivent être pris en considération ; et ces excuses seraient d’autant plus admissibles que le cas serait plus éloigné de l’origine du mal ; mais rejeter les hérétiques et ceux qui les reçoivent, ce n’est pas établir une nouvelle base pour la communion ; cela ne l’était pas aux jours des apôtres et cela ne l’est pas non plus maintenant.

Si quelqu’un demande encore : « Ne vous réunissez vous pas comme chrétiens, et s’il en est ainsi, comment pouvez-vous penser à refuser tant de personnes qui le sont certainement ? » Je réponds : Assurément nous nous réunissons comme chrétiens, et c’est parce que nous le faisons ainsi que nous ne pouvons recevoir parmi nous personne qui, soit par ses sentiments, soit par sa conduite, ruine les fondements du christianisme.

Je ne voudrais pas terminer cette communication, sans exprimer mon chagrin profond et sincère de la nécessité où je me suis trouvé de parler comme je l’ai fait de frères aux pieds desquels je me sens indigne de m’asseoir. Je n’ai jamais eu le plaisir de connaître personnellement les frères Muller et Craik, mais j’ai souvent eu à remercier le Seigneur pour le rafraîchissement communiqué à mon âme par les écrits de l’un de ces frères, et j’ai souvent été humilié en pensant à la foi et au dévouement de l’un et de l’autre. Et bien que j’aie dû, dans la fidélité à notre commun Maître, et pour l’amour de ses brebis, discuter la marche suivie en cette affaire par ces frères bien-aimés, et quelque douloureuses que soient mes impressions en voyant la ligne de conduite dans laquelle ils ont été entraînés, je sais qu’il n’y a dans mon cœur aucun mauvais sentiment à leur égard, et encore moins pourrait-il y avoir la pensée de mépriser « leurs cheveux blancs, » ou d’oublier le commandement : « De même vous qui êtes jeunes, soumettez-vous aux anciens. » Mais là où la gloire de Dieu et l’honneur de son Christ sont en question, toutes les considérations moins importantes doivent être mises de côté.

Que le Seigneur nous regarde d’en haut et ait pitié de nous et nous accorde la bénédiction et le relèvement ; et s’il tarde, cependant il le fera certainement en son propre temps et à sa manière. Puissions-nous, par sa grâce, nous humilier sous sa main qui nous châtie dans l’amour. Puissions-nous posséder nos âmes par la patience, et puissent les châtiments de son amour produire en nous, par la puissance du Saint-Esprit, toute cette repentance, cet ardent désir, ce retour sur nous-mêmes qui montreront enfin que nous sommes purs au moins dans cette affaire !

Que le Seigneur le veuille et nous accorde santé et guérison pour l’amour de son nom béni.

Je suis toujours, cher frère, votre affectionné

W. TROTTER.

à Thomas Grundy.



FIN