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Alexandre Volta (Arago)/2

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Œuvres complètes de François Arago, secrétaire perpétuel de l’académie des sciences1 (p. 195-197).
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DILATATION DE L’AIR.


Puisque j’ai abandonné l’ordre chronologique, avant de m’occuper des deux plus importants travaux de notre vénérable confrère, avant d’analyser ses recherches sur l’électricité atmosphérique, avant de caractériser sa découverte de la pile, je signalerai, en quelques mots, les expériences qu’il publia pendant l’année 1793, au sujet de la dilatation de l’air.

Cette question capitale avait déjà attiré l’attention d’un grand nombre de physiciens habiles, qui ne s’étaient accordés ni sur l’accroissement total de volume que l’air éprouve entre les températures fixes de la glace fondante et de l’ébullition, ni sur la marche des dilatations dans les températures intermédiaires. Volta découvrit la cause de ces discordances ; il montra qu’en opérant dans un vase contenant de l’eau, on doit trouver des dilatations croissantes ; que s’il n’y a dans l’appareil d’autre humidité que celle dont les parois vitreuses sont ordinairement recouvertes, la dilatation apparente de l’air peut être croissante dans le bas de l’échelle thermométrique, et décroissante dans les degrés élevés ; il prouva, enfin, par des mesures délicates, que l’air atmosphérique, s’il est renfermé dans un vase parfaitement sec, se dilate proportionnellement à sa température, quand celle-ci est mesurée sur un thermomètre à mercure portant des divisions égales ; or, comme les travaux de Deluc et de Crawford paraissaient établir qu’un pareil thermomètre donne les vraies mesures des quantités de chaleur, Volta se crut autorisé à énoncer la loi si simple qui découlait de ses expériences, dans ces nouveaux termes dont chacun appréciera l’importance : l’élasticité, d’un volume donné d’air atmosphérique est proportionnelle à sa chaleur.

Lorsqu’on échauffait de l’air pris à une basse température et contenant toujours la même quantité d’humidité, sa force élastique augmentait comme celle de l’air sec. Volta en conclut que la vapeur d’eau et l’air proprement dit se dilatent précisément de même. Tout le monde sait aujourd’hui que ce résultat est exact ; mais l’expérience du physicien de Come devait laisser des doutes, car aux températures ordinaires, la vapeur d’eau se mêle à l’air atmosphérique dans de très-petites proportions.

Volta appelait le travail que je viens d’analyser une simple ébauche. D’autres recherches très-nombreuses et du même genre auxquelles il s’était livré, devaient faire partie d’un Mémoire qui n’a jamais vu le jour. Au reste, sur ce point, la science paraît aujourd’hui complète, grâce à MM. Gay-Lussac et Dalton. Les expériences de ces ingénieux physiciens, faites à une époque où le Mémoire de Volta, quoique publié, n’était encore connu ni en France ni en Angleterre, étendent à tous les gaz, permanents ou non, la loi donnée par le savant italien. Elles conduisent de plus dans tous les cas au même coefficient de dilatation.