Aller au contenu

Amour, seul artisan de mes propres malheurs

La bibliothèque libre.
Amour, seul artisan de mes propres malheurs
Les Amours, Texte établi par Hugues VaganayGarnier2 (p. 325-326).

XXXIIII

Amour, seul artisan de mes propres malheurs,
Contre qui sans repos au combat je m’essaye,
M’a fait dedans le cœur une mauvaise playe,
Laquelle en lieu de sang ne verse que des pleurs.
Le meschant m’a fait pis, choisissant les meilleurs
De ses traits ja trempez aux veines de mon foye :
La langue m’a navrée, à fin que je begaye
En lieu de raconter à chacun mes douleurs.

Phœbus, qui sur Parnasse aux Muses sers de guide,
Pren l’arc, revenge moy contre cest homicide :
J’ay la langue et le cœur percez de part en part.
Voy comme l’un et l’autre en sanglotant me saigne.
Phœbus, dés le berceau j’ay suivy ton enseigne :
Le Capitaine doit defendre son soudart.