Année des dames/1/28 janvier

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28 JANVIER. — Mlle BARBIER.


Marie Anne Barbier naquit à Orléans en 1680. De grands talens pour la poésie se développèrent en elle dès son enfance ; elle se livra aux lettres aussitôt qu’elle fut libre, et vint se fixer à Paris. Elle donna au théâtre quatre tragédies : Arrie et Pœtus, Cornélie, Tomyris, la Mort de Cœsar ; une comédie : le Faucon ; et trois opéra : les Fêtes de l’été, le Jugement de Pâris, les Plaisirs de la campagne. Le théâtre de Mlle Barbier a été recueilli en un volume in-12. On y trouve du goût, du génie de beaux vers, des scènes bien liées, des situations touchantes, des sujets bien choisis. Les hommes lui ont reproché qu’elle avait trop cherché à célébrer les femmes, et qu’en voulant faire les héroïnes de ses pièces grandes et généreuses, elle avait rabaissé les héros. Mais nos poètes masculins n’ont-ils pas presque tous une faiblesse opposée ?… Les ouvrages de Mlle Barbier eurent tous du succès et c’est par l’effet d’une injuste bizarrerie qu’elle n’est pas aussi connue qu’elle le mérite. — Elle fut enlevée aux Muses, le 28 janvier 1742 ou 1745.