Annales de pomologie belge et étrangère/Pomme Reinette du Canada

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Annales de pomologie belge et étrangère - 2.djvu

Pomme Reinette du Canada.

Synonymies : Reinette blanche du Canada (les auteurs modernes), Grosse Reinette d’Angleterre (Duhamel).

(Spécimen récolté sur un buisson greffé sur paradis.)

Comme l’indiquent les synonymies, ce pommier n’était connu autrefois que sous le nom de Grosse Reinette d’Angleterre, nom auquel on a substitué d’abord celui de Reinette du Canada, nous ne savons trop pourquoi, et puis celui de Reinette blanche du Canada, pour la distinguer de la variété Reinette grise du Canada, de date plus récente, et dont le volume est plus petit, la chair plus ferme et de meilleure garde encore.

C’est un bel et grand arbre, assez productif, qu’on cultive en plein vent, mais qui, greffé sur paradis, donne des fruits beaucoup plus gros et moins sujets à être véreux. Nous avons eu occasion d’admirer, l’année dernière, à l’école d’horticulture de Vilvorde, un sujet conduit en espalier et à peine âgé de quatre ans, chargé d’une vingtaine de ces pommes ; toutes avaient de 40 à 41 centimètres de circonférence.

Les bourgeons sont gros, d’un rouge-brun foncé du côté du soleil, vert du côté de l’ombre ; ils sont couverts de duvet et tiquetés de petits points gris.

Le bouton, qui est court, donne croissance à quatre ou six fleurs rose-pâle en dedans, rouge-foncé en dehors, avant leur parfait développement.

Le fruit est très-gros et très-déprimé à la base et au sommet, ordinairement plus renflé d’un côté que de l’autre et légèrement côtelé.

La queue est grosse, courte et plantée dans une cavité large et unie. L’œil est grand, placé dans un enfoncement évasé, bordé d’élévations qui se prolongent sur la plus grande partie du fruit, et y forment des côtes peu prononcées, mais qui suffisent pour rendre la superficie inégale.

La peau est fine, jaune ou vert-pâle, piquetée de petits points gris et de points roux, et quelquefois lavée d’un peu de rouge du côté frappé par le soleil.

La chair est fine, tendre, d’un blanc jaunâtre, moins ferme que celle de la plupart des Reinettes et sujette à se cotonner.

L’eau est douce, sans acide aucun, mais peu abondante et peu relevée.

Les pepins sont longs et pointus.

Cette belle pomme, qui est très-bonne crue, meilleure cuite, commence à mûrir en décembre, et se conserve jusqu’en mars, s’il l’on a eu soin de la cueillir vers la fin de septembre. Sa beauté, sa durée et la vigueur de l’arbre lui assurent une place distinguée dans tous les jardins.

Gailly,
Directeur des jardins du Roi, à Laeken.