Anthologie féminine/Mme Ackermann

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Anthologie féminineBureau des causeries familières (p. 318-319).

Mme  ACKERMANN

(1813-1890)


Les ouvrages de Louise-Victoire Choquet, dame Ackermann, sont peu répandus, d’abord parce qu’ils sont peu nombreux, et peut-être aussi parce qu’il fut peu parlé d’elle. C’était une femme savante qui d’un long séjour en Allemagne avait rapporté une grande simplicité. Elle était une érudite, quoique poète, et avait étudié le sanscrit et l’hébreu.

Une de ses poésies les plus connues est le Nuage, qui commence ainsi :

Levez les yeux, c’est moi qui passe sur vos têtes,
Diaphane et léger, libre dans le ciel pur,
L’aile ouverte, attendant le souffle des tempêtes,
  Je plonge et nage en plein azur.


Depuis sa mort, on parle beaucoup plus d’elle que de son vivant, probablement parce que l’intérêt de son éditeur est plus grand. Sainte-Beuve ne l’a pas oubliée dans ses Lundis.

Mme Alphonse Daudet a fait sur elle une jolie étude où elle cite encore ces deux quatrains :

Moi que, sans mon aveu, l’aveugle destinée
Embarqua sur l’étrange et frêle bâtiment.

Je ne veux pas non plus, muette et résignée,
  Subir mon engloutissement !
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Afin qu’elle éclatât d’un jet plus énergique
J’ai, dans ma résistance à l’assaut des flots noirs.
De tous les cœurs en moi comme en un centre unique
  Rassemblé tous les désespoirs !
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