Antoinette de Mirecourt/03

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Traduction par Joseph Auguste Genand.
J. B. Rolland & Fils, libraires-éditeurs (p. 17-30).

III.


Après avoir présenté notre héroïne au lecteur, il n’est que juste que nous consacrions quelques pages à ses parents et à ses antécédents.

Vingt ans avant l’époque où commence notre récit, par une magnifique journée d’octobre, la joie et la gaieté régnaient dans toute la Seigneurie et au Manoir de Valmont dans lequel Antoinette vit plus tard le jour, et qui appartenait à sa famille depuis la concession du fief au vaillant Rodolphe de Mirecourt. Ce beau gentilhomme, qui était venu au Canada sans aucune autre fortune qu’une épée étincelante et qu’une paire de brillants éperons, se trouva bientôt, en retour de quelques services rendus à la France, propriétaire et maître du riche domaine de Valmont qui passa ensuite, en ligne directe, entre les mains de son propriétaire actuel, Arthur de Mirecourt. Arrivé à l’âge viril, celui-ci céda bientôt au désir naturel de voir le beau pays de France, le brillant Paris dont il avait entendu raconter tant de merveilles.

Mais, ébloui d’abord par la splendeur de cette grande capitale et de ses innombrables attractions, le jeune homme ne tarda pas à se blaser de cette brillante dissipation et à soupirer vivement après les plaisirs simples, la vie tranquille de son pays natal. Aussi malgré les sollicitations pressantes de ses jeunes amis de Paris, malgré les sarcasmes que lui lançaient les dames lorsqu’il parlait du pays de la neige et des Sauvages, — il s’en revint dans sa patrie qu’il aimait d’un amour encore plus grand que lorsqu’il l’avait quittée. Disons-le à sa louange, son séjour à Paris n’avait en rien altéré les goûts paisibles et purs de son enfance, et jamais il n’avait pris part aux fêtes parisiennes avec autant de légèreté d’esprit et de gaieté de cœur qu’il en déploya dans les modestes réjouissances qui accueillirent son retour à Valmont.

Des cœurs aimants l’attendaient là pour lui souhaiter la bienvenue : sa mère qui, veuve depuis longtemps, avait trouvé dans son affection pour lui une si grande consolation de la mort de son mari et de ses autres enfants qui reposaient paisiblement dans le caveau de l’église au-dessous du banc dans lequel chaque dimanche et chaque jour de fête elle allait immanquablement prier Dieu ; des voisins, des censitaires et la jeune Corinne de Lorme, orpheline et parente éloignée de Madame de Mirecourt, que celle-ci avait élevée avec un soin tout maternel et qu’Arthur avait appris à considérer comme sa sœur.

Quoique d’une figure et gracieuse possédant de petits traits parfaitement réguliers, Corinne n’avait jamais obtenu le titre de beauté. Cela était dû, partie à l’absence qu’on remarquait chez elle de cette gaieté et de cette animation qui manquent rarement aux jeunes Canadiennes, partie à son air languissant et mélancolique, résultat d’une constitution délicate excessivement fragile.

Une femme plus exigeante que Madame de Mirecourt aurait sans doute accusé sa jeune protégée d’ingratitude, tant celle-ci se montrait peu communicative, tant elle mettait de réserve dans ses paroles et dans ses manières ; mais jamais cette retenue ne lui avait fait oublier les intentions délicates, la respectueuse déférence qu’une jeune fille doit à sa mère.

Jamais peut-être la froideur naturelle de Corinne ne se manifesta à Madame de Mirecourt d’une manière aussi évidente, aussi frappante qu’à l’occasion du retour d’Arthur au foyer maternel. Pendant que toutes les personnes de la maison, les amis, les voisins de la famille préparaient des fêtes et des réjouissances pour célébrer cet heureux retour, elle seule laissait voir un calme qui s’élevait presque à l’indifférence ; et lorsque, à son arrivée, le jeune Arthur, après avoir tendrement pressé sa mère dans ses bras, se tourna vers elle pour l’embrasser comme il eût fait avec sa sœur, elle ne manifesta pas plus de joie ni d’émotion que si son départ n’eût eu lieu que la veille. Cette espèce d’insensibilité frappa le jeune homme, et lorsque, quelques heures plus tard, il en fit la remarque à sa mère, — dans un de ces entretiens confidentiels que celle-ci déclara être un ample dédommagement de la solitude dans laquelle son cœur avait vécu durant l’absence de son cher enfant, — Madame de Mirecourt trouva une foule de raisons pour exonérer l’accusée : cette pauvre Corinne, dit-elle, est tellement malade ! elle a des maux de tête si fréquents !… Mais ces excuses charitables n’empêchèrent pas le jeune homme de persister dans sa première idée et d’attribuer la froideur de Corinne à un détestable égoïsme.

On aurait pu croire que Madame de Mirecourt, qui venait de retrouver son fils, ne se presserait pas de partager avec une rivale la large part qu’elle occupait dans son cœur ; cependant, tel était bien son désir. En effet, à peine était-il installé dans la maison, qu’un vif désir de le voir marié s’empara d’elle. Obéissant à l’impulsion de cette préoccupation maternelle, elle en dit un mot à quelques-unes de ses amies, et Arthur se vit bientôt assiégé d’invitations pour des soirées et des parties de plaisir où il était certain de rencontrer de jolis minois qui auraient figuré avec un singulier avantage dans les salons du vieux Manoir. Âgé de vingt-huit ans, douée d’une brillante imagination, le cœur libre de tout lien, le jeune de Mirecourt ne crut pas devoir s’abstenir de ces réunions sociales, et il y manqua rarement. Bientôt il fut obligé de s’avouer à lui-même qu’il répondait quelque peu à la sympathie que semblait avoir pour lui une riche héritière, jeune, jolie et parfaitement douée sous le rapport de l’esprit. Mais les choses n’avançant pas avec la rapidité qu’elle aurait désirée, Madame de Mirecourt se détermina à inviter celle qu’elle avait déjà choisie pour être sa fille, à venir, ainsi que plusieurs autres jeunes gens, passer une quinzaine de jours chez elle.

Cette promenade était maintenant à son terme, et rien de bien remarquable ne s’était passé dans l’intervalle. Sans doute Arthur avait causé, dansé et plaisanté avec Mademoiselle de Niverville qui était en effet aussi bonne que charmante ; mais c’était tout. Aucun mot tendre, aucune déclaration d’amour n’étaient tombés de ses lèvres. La jeune fille était sur le point de partir, et tous deux étaient aussi libres l’un vis-à-vis de l’autre que s’ils ne se fussent jamais rencontrés. Le jeune homme éprouvait pour elle une sincère admiration ; à la vérité il eût été difficile qu’il en fût autrement, et plus d’une fois la douce gaieté, les bienveillantes dispositions de la jeune fille se laissaient voir en un contraste si frappant avec l’apathique indifférence de Corinne qui semblait devenir de jours en jours plus froide et plus réservée, qu’Arthur ne pouvait s’empêcher de souhaiter pour sa mère dont elle devait être la compagne, qu’elle ressemblât à la charmante héritière de Niverville,

Pendant que ces choses se passaient, Madame de Mirecourt, inquiète au sujet de ses plans de mariage, pensa à s’assurer de la coopération de Corinne et la pria d’insister auprès d’Arthur pour qu’il en vint enfin à une entente avec Melle de Niverville avant que celle-ci ne partît de Valmont. La bonne mère se serait volontiers chargée de cette tâche, si les deux ou trois tentatives inutiles qu’elle avait déjà faites dans ce sens ne lui eussent fait craindre que celle-ci aurait le même sort.

Corinne accepta, quoique avec répugnance, la délicate mission qu’on lui confiait, et un matin elle entra dans la salle à dîner où Arthur, toujours très-matinal, était à lire.

Le jeune de Mirecourt l’écouta très-patiemment, car ses manières dénotaient plus de bienveillance qu’à l’ordinaire. Elle renchérit sur les mérites de Louise, fit valoir les espérances que Mademoiselle de Niverville et ses amis avaient probablement fondées sur les attentions qu’il lui avait portées, et montra le bonheur qu’aurait sa tendre mère de voir se réaliser enfin les plus chers désirs de son cœur.

L’éloquence paisible mais persuasive avec laquelle elle parla surprit et convainquit presque Arthur qui ne se rendit pas cependant. Il répondit en riant qu’il avait du temps devant lui, que les invités de la maison devaient aller faire une promenade en voiture durant la même relevée, et que, comme il avait l’intention de conduire Mademoiselle de Niverville, il aurait alors une occasion très-favorable pour remplir l’attente générale. Voyant que Corinne devenait plus pressante, il s’empara de sa main, et poursuivit sur un ton plus sérieux :

— Cette plaisanterie ne m’empêchera pas, ma bonne petite sœur, de réfléchir sérieusement et peut-être d’agir d’après les conseils que tu viens de me donner. La promenade de cette après-midi me fournira sans doute une occasion des plus propices : si je puis seulement me résoudre à m’en prévaloir ! Tu viendras avec nous, n’est-ce pas ?

— Je crains bien de ne pouvoir le faire. J’ai à écrire une lettre, et il vaut mieux que je m’acquitte de cette tâche pendant la journée, afin de pouvoir vous rejoindre au salon pour cette veillée qui est la dernière que nos amis passent avec nous. Pour ce matin, j’ai une somme de travail plus forte que je n’en pourrai accomplir.

Le temps était magnifique, le soleil brillait de tout son éclat, les chemins étaient superbes : quelle bonne fortune pour une promenade en voiture ! Madame de Mirecourt elle-même avait été invitée à faire partie de l’excursion, et, enfoncée sous une robe de peau d’ours dans sa large et commode carriole, elle paraissait aussi gaie, aussi heureuse que Louise elle-même.

Fidèle à sa détermination, Corinne était restée à la maison. Au moment du départ, elle se mit à la fenêtre et agita de la main son mouchoir en signe d’adieu aux gais touristes. Cette attitude, le calme sourire qui se dessinait sur ses traits pâles et délicats, l’éclat que les rayons du soleil répandaient sur sa riche et soyeuse chevelure, tout cela la faisait paraître si jolie, que de Mirecourt regretta, encore une fois de voir tant de froideur se cacher sous un si charmant extérieur.

Mais ces pensées s’effacèrent bientôt dans l’excitation du départ, dans les attentions dont il devait faire preuve vis-à-vis sa jolie compagne. En effet, à peine les excursionnistes avaient-ils parcouru quelques arpents, que la charmante Louise se mit dans la tête qu’elle avait froid, et qu’elle commença à regretter l’absence d’un certain châle dont le chaud tissu lui offrait une protection contre les plus fortes bises de l’hiver. Il va sans dire qu’un aussi galant cavalier que de Mirecourt s’empressa d’offrir de retourner à la maison pour y prendre un objet aussi précieux, et aussitôt la voiture revint à son point de départ.

— Je vais tenir les rênes, M. de Mirecourt, pendant que vous allez entrer à la maison. J’ai laissé mon châle dans la petite salle. Je vous prie de ne pas vous fâcher si je suis aussi oublieuse et si je vous occasionne autant de trouble.

La seule réponse du jeune homme fut un sourire plein de tendresse et de doux reproches ; puis, d’un pas léger et rapide, il monta à la chambre qui lui avait été indiquée et y trouva effectivement le châle qu’il était venu chercher. Mais, à peine s’en était-il emparé, qu’un sanglot étouffé vint frapper ses oreilles. Surpris, il jeta autour de la chambre un regard scrutateur. Ce bruit, répété, semblait venir d’une chambre adjacente dont la porte donnait sur celle dans laquelle il se trouvait et qu’une couple de rayons avait fait orner du titre pompeux de Bibliothèque.

Qu’est-ce que cela pouvait être ? quelle signification donner à ce bruit contenu ?… Tout-à-coup, par la porte entr’ouverte, les yeux du jeune homme tombèrent sur une glace suspendue au mur opposé de la Bibliothèque et dans laquelle se reflétait la figure de Corinne de Lorme. La jeune fille était assise sur un tabouret et semblait plongée dans l’amertume d’un chagrin profond ; ses yeux étaient fixement attachés sur un objet que sa main tenait d’une étreinte serrée et sur lequel elle déposait de temps à autre des baisers. Cet objet ! c’était le portrait d’Arthur que celui-ci avait apporté de France et donné à sa mère.

Le jeune de Mirecourt comprit alors toute la vérité. Cette froideur, cette indifférence dont Corinne avait fait preuve, c’était donc une feinte, un voile de glace avec lequel la jeune fille avait recouvert un amour qui avait grandi avec elle, qui était devenu le sentiment dominant de sa vie, mais un sentiment que la noble fierté et la modestie de l’enfant lui avaient fait concentrer en elle-même. Oui, malgré cet amour ardent qu’elle éprouvait pour lui, elle avait eu assez de courage pour plaider la cause d’une autre, pour lui sourire au moment même où, — elle en était convaincue, — il allait offrir son cœur à une rivale !

De Mirecourt se retira sans faire le moindre bruit ; mais lorsqu’il rejoignit mademoiselle de Niverville, sa figure était plus pâle et son air plus réservé que d’habitude. Pendant toute la promenade, en dépit des efforts qu’il fit pour être gai, il parut très-préoccupé, ce qui lui valut les railleries de sa jolie compagne. Quelque fut le sujet de la conversation, il ne laissa échapper aucune déclaration d’amour, et, de retour au Manoir, il prit congé du groupe animé qui s’était formé autour du grand poêle et n’y revint qu’au bout d’une couple d’heures.

La première personne qu’il rencontra en entrant au salon fut Corinne qui, avec un calme sourire sur son pâle visage, lui dit qu’elle espérait « qu’il s’était bien amusé au cours de la promenade ? »

— Médiocrement, répondit Arthur. Mais dois-je te dire, sœur, que j’ai suivi tes conseils ou non ?

Cœur courageux ! aucune contraction de ses traits, aucun froncement de ses sourcils ne laissèrent deviner les terribles souffrances qu’elle éprouvait.

— Oui, répondit-elle d’une voix basse mais claire, dis-moi que tu as rempli les vœux de la meilleure des mères, les souhaits de tous tes amis.

Il plongea sur elle un œil pénétrant et poursuivit :

— Me féliciterais-tu, Corinne, si j’avais agi ainsi, et si ma démarche avait été couronnée de succès ?

À cette question inattendue, le visage de la jeune fille se couvrit d’un vif incarnat qui disparut presqu’aussitôt ; puis, se levant, elle répondit tranquillement et presque froidement :

— Pourquoi non ? Le choix que tu as fait est un choix contre lequel ne peut raisonnablement élever aucune objection.

Sans le lui dire ouvertement, Corinne insinua à Arthur que durant la veillée ils ne devaient plus être vus ensemble, et ils se séparèrent. Mais il savait maintenant à quoi s’en tenir sur cette indifférence et cet égoïsme apparents sur lesquels il s’était jusque-là si étrangement mépris et qu’il avait si fortement condamnés.

Le lendemain, Louise de Niverville laissait Valmont et son tardif prétendant n’avait pas encore ouvert la bouche. Le sens d’honneur délicat qui le distinguait la chevaleresque générosité de son cœur avaient montré au jeune de Mirecourt qu’il n’était plus libre, qu’il appartenait de droit à celle qui lui avait prodigué, sans qu’il l’eût cherché, sans qu’il l’eût demandé le riche trésor d’un secret amour.

Aussi, après une semaine de paisibles réflexions qui lui firent voir qu’une sympathie véritable pour mademoiselle de Niverville n’avait jamais pris racine dans son cœur, — après une semaine pendant laquelle Corinne sembla avoir pris à tâche de l’éviter, luttant comme une femme peut seule le faire, contre cette affection qui devenait chaque jour plus interne et plus profonde ; un soir que la jeune fille était dans l’encadrement d’une fenêtre, regardant silencieusement au dehors les flocons de neige qui tombaient, il s’approcha d’elle, et, sans plus de préambules lui demanda de vouloir bien être sa femme.

À cette demande, elle devint terriblement pâle, et après quelques instants d’un silence plein d’émotion, elle murmura :

— Puis-je être, moi pauvre fille, puis-je être l’épouse que votre mère choisirait et qui vous vaudrait l’approbation de vos amis ?

— Ce n’est pas ce que je te demande, chère Corinne. Je ne me marie pas pour complaire à mes amis ni à ma mère, et d’ailleurs, celle-ci m’aime trop pour trouver à redire contre le choix que je ferai. Ainsi, dis le moi franchement : m’aimes-tu assez pour devenir ma femme ?

Doucement et presque en hésitant, comme si elle eût craint de livrer le secret qu’elle gardait depuis si longtemps, Corinne laissa échapper le oui si délicieux à entendre et quelques semaines après, leur mariage était célébré très-simplement, sans pompe, dans la petite église du village.. Madame de Mirecourt la première impression de surprise passée, avait sans peine sacrifié ses vœux à ceux du fils qu’elle idolâtrait.

Après son mariage, la froideur et l’indifférence de Corinne s’évanouirent comme fond la neige sous le soleil d’avril, et jamais femme ne fut plus aimante ni plus dévouée. Jamais de Mirecourt ne lui dit qu’il avait surpris son secret, jamais, non plus, il ne lui donna à supposer qu’elle devait son bonheur autant à la compassion qu’à l’amour. Sa générosité fut bientôt récompensée, car l’affection ardente que sa jeune femme lui avait depuis si longtemps secrètement réservée ne tarda pas à passer dans son propre cœur et à le remplir tout entier.

Hélas ! une union aussi heureuse et aussi confiante devait bientôt être douloureusement éprouvée. Deux années de bonheur domestique sans mélange de peine ou de refroidissement d’amitié, deux années seulement de douces félicités pendant lesquelles Antoinette vint au monde, leur étaient accordées : après ce temps la jeune femme, toujours délicate, commença à dépérir.

Aucune affection, aucun soin ne purent la sauver, et en peu de mois elle fut arrachée des bras de son époux pour être transportée dans sa dernière demeure terrestre. À peine le premier anniversaire de sa mort était-il arrivé, que madame de Mirecourt alla la rejoindre, laissant le Manoir aussi sombre, aussi silencieux que la tombe.

Le temps fixé pour le deuil étant passé, des amis commencèrent à insinuer au jeune veuf que sa demeure, avait besoin d’une femme qui en prit soin, qu’il était trop jeune pour se renfermer dans un chagrin éternel ; mais il resta sourd à ces conseils, et après s’être procuré dans la personne de l’estimable madame Gérard une excellente gouvernante pour son enfant, il se retira tout-à-fait dans cette paisible solitude de la vie de campagne qu’il n’abandonna plus jamais.

La petite Antoinette fut heureuse en trouvant un guide aussi bienveillant et aussi sûr pour remplacer auprès d’elle la tendre mère que si jeune elle avait perdue, et malgré l’excessive indulgence de son père ainsi que l’étourderie naturelle de ses propres dispositions, elle devint une jeune personne aimable et charmante ; sinon parfaite.